La devise de financement des positions de portage pourrait devenir le dollar
Michaël Soued, directeur du pôle taux & devises chez State Street Global Advisors France
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Tân Le Quang
L’Agefi : En dépit des baisses des taux à venir en zone euro, vous prévoyez une parité euro/dollar à 1,50 au cours des SIX prochains mois. Pour quelles raisons?
Michaël Soued: La parité euro/dollar pourrait fluctuer dans une bande 1,30/1,60 pendant plusieurs mois car des forces contradictoires sont en jeu, ce qui devrait maintenir une volatilité anormalement élevée. D’une part, les Etats-Unis s’affichent déjà comme initiateur de la relance économique mondiale avec un plan massif de dépenses sur plusieurs fronts. D’autre part, l’assouplissement des taux de la BCE pourrait surprendre compte tenu de la dégradation rapide des conditions économiques et du plongeon de l’inflation sous la barre fatidique des 2% en décembre. Malgré le creusement du déficit courant attendu, nous ne croyons pas structurellement à une crise sur le dollar. Toutefois, alors que la Fed s’engage durablement dans une politique de taux d’intérêt faible, la devise de financement des positions de portage pourrait devenir le dollar. En complément de facteurs techniques émanant de nos modèles, cet élément renforce notre vue à la baisse du billet vert à partir des niveaux actuels.
Le taux de change euro/livre peut-il dépasser la parité cette année?
Nos modèles sont passés long sterling récemment sur la base de facteurs techniques et fondamentaux. Comme attendu, les nouvelles anglaises ne sont pas bonnes sur le front économique. Cependant, la devise britannique est bien plus survendue qu’elle ne l’était pendant la crise des années 1970 quand l’inflation atteignait 25% et le chômage avait doublé. Il nous semble que la valorisation actuelle intègre déjà beaucoup de mauvaises nouvelles et nous nous attendons à voir le sterling s’apprécier en 2009, notamment contre dollar.
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