La dette senior non sécurisée est réservée aux banques les plus solides

L’opération de refinancement à trois ans de la BCE a redonné confiance aux investisseurs. Mais ceux-ci restent très sélectifs
Violaine Le Gall

Hier, la vague d'émissions bancaires seniors non sécurisées s’est poursuivie. Après Rabobank, Nordea, ABN Amro, et SEB entre autres la semaine dernière, deux autres banques, ING et Crédit Mutuel Arkea, ont émis des obligations seniors non sécurisées.

Au total, plus de 12 milliards d’euros de dettes seniors non sécurisées ont été déjà placées par des banques sur le marché depuis le début de l’année, alors que 11,8 milliards d’euros seulement avaient été émis au second semestre 2011, sur fond de contagion de la crise de la zone euro au secteur bancaire.

L’opération de refinancement à trois ans de la BCE du 21 décembre dernier a largement contribué à la renaissance du marché primaire. «Elle a offert une bouffée d’oxygène au secteur bancaire dans son ensemble et elle a rassuré les investisseurs sur le fait que les banques pourront faire face aux tombées importantes et aux besoins de financement en 2012, explique Vincent Hoarau, responsable de la syndication sur les financières chez CA CIB. Les investisseurs sont donc beaucoup plus confiants sur la dette bancaire senior non sécurisée, en particulier celle inférieure ou égale à trois ans».

Depuis l’annonce de cette opération le 8 décembre dernier, l’indice iBoxx sur la dette bancaire senior en euro s’est détendu de 23 points de base (pb) à 265 pb.

Le bond des émissions sur la semaine écoulée doit toutefois être considéré avec prudence. «Le groupe de banques qui peut se financer à des niveaux raisonnables en émettant de la dette senior non sécurisée est extrêmement limité», rappelle Jeroen van den Broek, stratégiste crédit chez ING. Pour Vincent Hoarau, le sentiment de marché doit encore s’améliorer pour que des émetteurs aux notations plus basses en Europe puissent lancer des émissions publiques non sécurisées sur le marché primaire. «Les investisseurs restent en effet très sélectifs», ajoute-t-il. Le volume d'émissions sur ce compartiment en 2012 atteindra difficilement celui enregistré en 2011, d’après ING.

L’environnement de marché est en effet encore difficile. Au sein des CDS corporates, c’est sur des CDS portant sur les dettes seniors que la volatilité à un mois est la plus élevée. Elle ressortait à 59 % le 5 janvier dernier d’après SG CIB.

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