La dette publique française s’approche de la zone dangereuse
Une nouvelle fois, la Cour des Comptes tire la sonnette d’alarme sur la trajectoire de la dette publique française. Dans son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, l’institution de la rue Cambon souligne le poids croissant des déficits accumulés. L’an dernier, la dette publique a frôlé les 1.600 milliards d’euros, soit 82,3% du produit intérieur brut (PIB). Son impact financier est également plus important; les charges budgétaires d’intérêt ont augmenté en exécution de 2,9 milliards d’euros, soit une hausse de 7,7% par rapport à 2009. Une dégradation largement imputable à une remontée de la charge d’indexation des emprunts indexés sur l’inflation (2,1 milliards).
Selon la Cour des Comptes, c’est la courbe du déficit primaire structurel (hors charges d’intérêt) qui sera déterminante pour l'évolution de la dette. Et l’institution de donner des sueurs froides en évoquant le prix de l’inaction. Si le déficit restait à son niveau de 2010, sans aucune mesure de redressement, la dette publique atteindrait 90% du PIB dès l’an prochain, puis 100% en 2016 et 110% en 2020. «Toujours en 2020, dans ce «scénario de l’inacceptable», la charge d’intérêts représenterait 4% du PIB et presque 10% des prélèvements obligatoires», a précisé le premier président de la Cour des Comptes, Didier Migaud.
A l’inverse, un effort structurel de réduction du déficit de 1 point de PIB par an (soit un effort de 20 milliards d’euros) pendant cinq ans permettrait de contenir la progression de la dette à 86% du PIB en 2013 puis de la réduire jusqu’à 72% en 2020. Pour Didier Migaud, «il est donc impératif de prévenir l’emballement de la dette (estimé probable au-delà de 90% du PIB et 10% du produit des prélèvements obligatoires, ndlr) en réduisant rapidement le déficit».
«L’emballement de la dette publique peut inquiéter les investisseurs et les amener à exiger des taux d’intérêt très élevés, intégrant de substantielles primes de risques, qui ne font qu’aggraver les difficultés budgétaires», a-t-il encore ajouté. Pour ce faire, la limitation d’une croissance globale des dépenses est présentée comme axe prioritaire, avec une hausse suggérée de 0,4% en volume, soit environ 2% en valeur. A un an d’une échéance électorale majeure, il ne semble toutefois pas assuré que cet appel soit entendu.
Plus d'articles du même thème
-
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’Agence française anticorruption multiplie les actions dans le public et le privé
Les condamnations en matière d’atteinte à la probité ne cessent d’augmenter. Près d’une sur deux concerne les collectivités territoriales. L’Agence française anticorruption (AFA) a mené l’an dernier deux fois plus d’actions de sensibilisation à l’égard des acteurs publics. -
Tandis que Proxima lève 411 millions d'euros, la France se laisse distancer dans la fusion nucléaire
Valorisée 2,4 milliards d'euros, la start-up bavaroise attire Google et RWE à son capital lors d'un tour mené par XTX Ventures et East X Ventures. Ses rares homologues françaises, elles, peinent à dépasser quelques dizaines de millions. -
La BCE exige des banques leur plan de bataille face aux attaques dopées à l’IA
Pour le 31 octobre prochain, les groupes soumis à la supervision européenne doivent transmettre le détail de la stratégie de défense élaborée pour résister aux nouvelles attaques cyber. -
La Banque d’Angleterre veut assouplir les règles du levier bancaire
Le Comité de politique financière britannique propose de rendre le cadre du ratio de levier des banques « plus proportionné et plus efficace » avec plusieurs mesures permettant de l’alléger.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Colis piégé, suspecte assassinée, salle de torture... L'incroyable rebondissement après l'attaque à la bombe à Monaco
Une semaine après l'explosion d'un colis suspect à Monaco, la suspecte de la tentative d'assassinat a été retrouvée morte dans d'étranges circonstances -
Verdict des urnesAvec sa démission surprise, Nigel Farage veut opposer « le peuple » à l’establishment
Le chef de Reform UK a annoncé mardi démissionner de son poste de député pour briguer aussitôt sa succession -
« Vous allez être très surpris » : face à Donald Trump, un optimisme prudent pour l'Ukraine
En amont du sommet d'Ankara, Washington multiplie des déclarations et signaux favorables à Kiev. Mais reste à savoir si des gestes suivront