La dette publique française est revue à la hausse pour 2012
Le redressement des finances publiques sera plus lent que prévu en France. La dette publique devrait passer de 85,4% du produit intérieur brut en 2011 à un sommet de 86,9% en 2012, d’après le rapport préparatoire du ministère du Budget au débat d’orientation des finances publiques qui débutera au Parlement la semaine prochaine. Elle devait jusqu’alors ressortir à 84,6% en 2011 et plafonner à 86% en 2012, mais, en mai dernier, l’Insee a revu à la hausse le niveau la dette publique pour 2010 à 82,3% contre 81,7%, ce qui a entraîné une révision des prévisions pour les années suivantes. A partir de 2013, la dette publique devrait finalement diminuer. Elle atteindrait 86,4% fin 2013 et 84,8% fin 2014.
La charge de la dette, qui devrait passer de 45,4 à 50 milliards d’euros entre 2011 et 2012 devrait encore augmenter de 4 à 5 milliards par an entre 2013 et 2014. «Le rythme d’évolution de la charge de la dette est donc ralenti grâce à la réduction du déficit de l’Etat entre 2011 et 2014, cet effet volume faisant plus que compenser l’effet prix lié à la hausse anticipée des taux d’intérêt», indique le rapport.
Le gouvernement confirme ses efforts pour réduire les dépenses publiques. Conformément au programme de stabilité d’avril 2011, il s’est fixé l’objectif d’une «trajectoire intangible de réduction du déficit, qui sera ramené à 5,7% du PIB en 2011, 4,6% en 2012 et 3% du PIB en 2013, puis 2% du PIB en 2014, quel que soit le niveau de la croissance», rappelle le ministère dans le rapport. En 2010, le déficit avait atteint 7,1 %. Pour l’heure, le gouvernement table toujours sur une croissance 2% en 2011 et de 2,25% en 2012, des chiffres jugés trop optimistes par Bruxelles. L’inflation passerait de 1,8% cette année à 1,75% en 2012.
Pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit, le gouvernement mise surtout sur un allègement de la fonction publique. «Le taux de croissance en volume de la dépense publique serait ramené à 0,8% en moyenne par an sur la période 2011-2014, lit-on dans le rapport. Ce rythme, nettement inférieur à celui de l’activité, permettra une baisse progressive de la part des dépenses publiques dans le PIB». Concrètement, le gouvernement ne remplacera qu’un départ à la retraite sur deux, ce qui se traduira par 30.401 suppressions de postes l’an prochain, dont 14.000 dans l’Education nationale et 7.500 dans la Défense.
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