La dette irlandaise est exposée à une hausse des marges chez LCH.Clearnet

Le spread 10 ans entre l’Irlande et l’Allemagne a atteint 523 pb, contre un seuil de 450 pb qui sert d’indicateur de risque chez LCH.Clearnet
Tân Le Quang

La nervosité du marché des taux sur la dette irlandaise est montée d’un cran. En l’espace d’une semaine, les taux à 10 ans irlandais se sont tendus de près de 80 pb à 7,7% vendredi. Ce qui s’est traduit sur la même période par un creusement de 100 pb du spread avec le rendement du Bund à 10 ans à 523 pb. La perception de la qualité de crédit, telle qu’interprétée sur le marché des contrats de protection contre le risque de défaut (CDS), s’est dégradée à mi-séance, les CDS à 5 ans de la dette irlandaise s'étant écartés de 27 pb à 606 pb.

Ce renchérissement du coût de financement de l’Irlande, s’il venait à se poursuivre, pourrait amener LCH.Clearnet à relever ses appels de marge sur les positions de ses membres investisseurs en emprunts irlandais. L’émergence du risque souverain en zone euro a poussé la chambre de compensation à adapter le 5 octobre ses outils de gestion du risque aux événements de crédit sur la dette souveraine, tels que les baisses de notation affectant la liquidité de marché, les cas de restructuration d’une dette gouvernementale ou une évolution défavorable des spreads contre Bund ou des prix des CDS.

Depuis, la société considère un différentiel de taux à 10 ans d’au moins 450 pb entre une dette souveraine et l’obligation de référence AAA, à savoir le Bund, comme un indicateur de risque souverain additionnel. Dans ce cas, elle est prête à envisager une hausse de 15% de la marge exigée sur les positions prises sur la dette de l’émetteur concerné. Même si le spread irlandais a dépassé ce seuil depuis le 1er novembre en touchant les 462 pb, LCH.Clearnet n’a pas pour l’heure appliqué cette mesure.

Le Portugal, lui, s’approche de la limite psychologique. L’écart de taux à 10 ans entre la dette portugaise et le Bund s'établissait vendredi à 411 pb. Un enclenchement du dispositif pourrait venir exacerber les craintes sur les dettes des pays périphériques.

Par ailleurs, les dettes portugaise et irlandaise ne figurent pas dans la liste des collatéraux éligibles et acceptés par LCH.Clearnet, qui ne compense pas les positions sur la dette grecque. En revanche, les emprunts italiens et espagnols y sont acceptés, avec des décotes de 4% à 9,25%, selon les échéances. Avec des spreads à 10 ans contre Bunds, dans l’ordre, de 197 pb et 158 pb, ils semblent à l'écart du risque de contagion.

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