La dette hybride européenne subit une nouvelle vague de dégradations
Le segment de la dette hybride européenne est mis à rude épreuve. Début mai, la Commission européenne avait conditionné le plan de soutien à Commerzbank à la suspension du paiement des coupons de sa dette hybride. C’est maintenant aux agences de notation de mesurer les conséquences de cette décision. Standard & Poor’s a dégradé de trois crans ou plus les notes des dettes hybrides de neuf groupes bancaires européens la semaine dernière.
Sont concernées Dexia, les irlandaises Allied Irish Banks, Anglo Irish Bank et Bank of Ireland, les néerlandaises ABN Amro, Fortis Bank Nederland, les britanniques Lloyds Banking Group, Northern Rock et RBS. L’agence a centré son étude sur les banques ayant obtenu une aide ou s’apprêtant à être soutenues par un Etat. Pour ces établissements, la probabilité de suspendre le paiement des intérêts sur la dette hybride a augmenté, sous la pression non seulement de la Commission, mais aussi celle des Etats, estime l’agence.
Dans le passé, les émetteurs de dettes hybrides continuaient de verser les intérêts même si l’une des conditions de non-paiement prévues dans les contrats était remplie. « Ils souhaitaient ainsi maintenir la valeur des titres et s’assurer un bon accueil des investisseurs en cas de prochaines émissions, explique Dominique Daridan, responsable de la recherche crédit chez Aurel BGC. En conditionnant les plans d’aide à la suspension du paiement des coupons, la Commission européenne a modifié les caractéristiques du marché. Les investisseurs ont donc réagi très négativement à cette annonce. »
Ayant déjà intégré la décision de Bruxelles, le marché n’a pas réagi à la décision de Standard & Poor’s. Depuis le début de la crise financière, les dettes hybrides ont déjà été très malmenées. La tendance est à présent au resserrement. Sur le dernier mois, l’indice iBoxx sur la dette tier one s’est resserré de 177 points de base à 993 pb. Au sein du segment, la différenciation entre les titres est toutefois plus grande suite à la décision de la Commission européenne sur la dette hybride de Commerzbank. « Une distinction de prix entre les dettes hybrides des banques fortement soutenues par les Etats et celles qui le sont moins pourrait perdurer à court moyen terme », explique Antoine Houssin, analyste chez Natixis.
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