La dette grecque de droit étranger menace de retarder le succès du PSI
Dans le cadre du PSI (Private Sector Involvment) grec lancé le 24 février, la différence de traitement dans le calcul du taux d’acceptation entre obligations de droit grec et étranger risque de retarder son succès. Outre l’obtention du financement du FESF, l’offre d’échange est conditionnée à un taux de participation global de 90%. Si le taux est inférieur à 75%, l’offre deviendra caduque. Entre 75% et 90% le gouvernement grec se réserve le droit d’accepter ou non les offres, après discussion avec ses créanciers publics.
Dans le cadre des obligations de droit grec, la clause d’action collective votée par le parlement le 23 février implique que les porteurs de ces titres soient constitués en une masse unique, avec un quorum de 50% de l’ensemble des titres. Avec 177 milliards d’euros de titres concernés, les porteurs doivent se prononcer avant le 9 mars, donc avant la date fatidique du remboursement de l’obligation 4,30% le 20 mars. L’approbation devra recueillir les deux tiers de la masse de tous les titres pour être valide. «L’offre devrait logiquement remporter un franc succès» anticipent les analystes crédit d’Aurel BGC.
Cependant, le cas des obligations de droit étranger risque de complexifier les débats, la masse des porteurs de chacun des titres votant séparément. Or, les assemblées ne pourront être réunies dans les prochains jours. Sur l’obligation de droit anglais avril 2016 qui offre un taux Euribor plus une marge de 7,5 pb sur un encours de 5,6 milliards d’euros, la première réunion aura lieu seulement le 28 mars, avec un quorum de 50% et un taux d’acceptation à 50% de l’encours.
Le gouvernement grec devra ainsi juger du succès de son offre auprès des porteurs de droit étranger séparément du cas de son offre auprès des porteurs de titres de droit grec. Or, un investisseur possédant plus de 25% d’un titre peut bloquer le processus pour ce papier et Athènes n’aura pas la possibilité de les rembourser à leur terme. «Il est facile d’imaginer la confusion si certaines masses approuvaient l’offre d’échange et d’autres pas» s’inquiète Aurel BGC.
Le poids des 35 obligations concernées reste cependant limité à 11% du total (22 milliards d’euros) et une participation de 100% sur les titres de droit grec permettrait une marge de manœuvre de moins 40% de participation sur les obligations de droit étranger pour assurer une participation totale de 90%.
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets. -
L’économie française subit un coup de mou au premier trimestre
Le PIB s’est légèrement contracté alors que l’inflation continue d’augmenter et que le chômage remonte. Les premiers effets de la crise au Moyen-Orient se font sentir et aucun moteur de croissance ne compense ce ralentissement. -
SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Chaque mois, la rédaction de L’Agefi Patrimoine vous propose un condensé des nouvelles des SCPI : acquisitions, cessions, liquidités, nominations… -
Les minoritaires de Meta réclament majoritairement le principe « une action, une voix »
Lors de l’assemblée générale du 27 mai, l’une des dix résolutions dissidentes, proposant d’adopter un plan de recapitalisation attribuant une voix à chaque action en circulation, a obtenu 26% de soutien, alors que Mark Zuckerberg contrôlait les deux tiers de l’assemblée. -
CVC prend goût au secteur des ingrédients
La société d'investissement va racheter pour 4,3 milliards de dollars la division d'ingrédients alimentaires de l'américain IFF, lequel se recentre sur les arômes, les fragrances et les ingrédients santé.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Contenu de nos partenaires
-
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France -
« Il y a une prime au gagnant considérable » : la folle course d'Anthropic, qui détrône OpenAI
Propulsé par son modèle phare Claude, Anthropic a levé 65 milliards de dollars le 28 mai, portant sa valorisation à 965 milliards de dollars, devant OpenAI. Un chiffre sidérant qui remet sur la table les débats autour d'une potentielle bulle financière de l'IA -
Donald Trump renonce à sa mainmise sur le Kennedy Center
Le président américain va transmettre le contrôle de la salle de spectacles au Congrès. Vendredi un juge fédéral a demandé à ce que son nom soit retiré du site ; la fermeture pour deux ans de travaux a également été retoquée