La dette française profite de la faiblesse des rendements allemands
Le mouvement a fait une pause hier. Mais l’ampleur de la descente enregistrée en fin de semaine dernière par les taux français a de quoi étonner. En deux jours, le rendement des taux français à 10 ans a ainsi fondu de 22 points de base (pb) vendredi soir à la clôture. En cours de séance, la baisse a même atteint 31 pb, avec un taux à 10 ans de seulement 2,422%. Ces journées concluaient une série de huit séances de baisses consécutives, du jamais vu depuis 2008. De quoi dissiper les craintes de tensions avancées par certains au moment de l'élection présidentielle. Pour les finances publiques, le mouvement constitue une excellente nouvelle, alors que le taux moyen pondéré des émissions de l’Agence France Trésor s’élevait au 21 mai à 2,23%.
«Le marché reste imprévisible, comme le prouve la quête désespérée de rendements sur le marché des OAT», s’étonnent les stratèges taux de la Société Générale, alors que la crise est loin d'être réglée en zone euro. En une semaine, l’OAT 10 ans «a surperformé le Bund de près de 40 pb», rappellent leurs confrères de Natixis, avec un écart tombé à 102 pb. Le spread a été divisé par deux depuis novembre 2011. «La France profite des achats se reportant vers les dettes les plus liquides», explique Natixis. La dette allemande a fait le plein d’investisseurs ces dernières semaines et offre un faible rendement.
ING rappelle que l’Allemagne a émis la semaine dernière une souche à deux ans à coupon zéro et que le 30 ans est passé sous les 2%. «Face à ces niveaux, la France, mais aussi l’Autriche et la Belgique (les «soft core») sont perçues par les investisseurs comme des titres offrant une relative sécurité, avec un spread qui compense très largement le surcroît de risque» face au Bund, ajoute ING.
L’approche des élections en Grèce, le 17 juin, et la fragilité du secteur bancaire espagnol devraient continuer à nourrir l’aversion pour le risque des investisseurs, au moins jusqu’au sommet européen des 28 et 29 juin. «Dans ce contexte, si le niveau déjà atteint par les taux allemands devrait en limiter la baisse, les «soft core» devraient continuer de bénéficier des reports de flux, les investisseurs risquant d’attendre avant de revenir sur l’Italie ou l’Espagne dans les prochaines semaines». Le spread entre les taux 10 ans espagnols et le Bund a d’ailleurs atteint hier un plus haut depuis la création de l’euro à 509 pb, avec un rendement espagnol à 6,4%.
Plus d'articles du même thème
-
Le déficit public britannique est au plus bas depuis 2020
Le déficit 2025-206 a diminué à 4,3%, soit près d’un point de pourcentage en moins sur un an, grâce à un niveau de recettes plus élevées. Mais le conflit au Moyen-Orient met les finances publiques britanniques sous pression. -
Jolt Capital et ABC Bourse s'allient pour évaluer le potentiel d'innovation des sociétés cotées
La société de gestion et le site d’information boursière ont annoncé mercredi un partenariat visant à proposer aux investisseurs particuliers trois nouveaux indicateurs technologiques mesurant la « puissance deeptech » des sociétés. -
PARTENARIATDes tensions en Iran à la résilience européenne
De la crise iranienne à la quête d’autonomie, l’Europe accélère pour renforcer sa sécurité et sa résilience. -
Candriam lance un fonds obligataire à échéance 2036
La société de gestion repositionne dans cet objectif le fonds existant Candriam Bonds Euro Long Term. -
Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Chahuté en Bourse depuis plusieurs mois en raison de doutes sur l'effet de l'IA sur son activité, l'éditeur de logiciels bondit jeudi dans la foulée des comptes de son premier trimestre, conformes aux attentes et marqués par une bonne génération de trésorerie. Les objectifs 2026 sont confirmés. -
Vontobel enregistre une collecte de 1,7 milliard de francs suisses depuis le début de l’année
Le gestionnaire d’actifs suisse engrange de fortes entrées nettes auprès de ses clients privés au premier trimestre.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
Contenu de nos partenaires
-
Le cercle des initiésLes Etats-Unis poussent leurs pions sur la carte des métaux critiques
L’Agefi et l’Opinion passent toutes les semaines au laser des entreprises ou des secteurs qui ont fait l’actualité -
La Fabrique de l'Opinion« Nos cinq sens forgent nos valeurs, nos opinions, nos jugements. Or, ce réseau de canaux est abîmé »
Pollution et anesthésie sensorielle... Paul Klotz décrypte la destruction de notre « capacité à éprouver » et défend « un projet de société où l’on prenne davantage soin de l'expérience sensible » -
Global BritainHaro sur le Foreign Office
La vénérable instance de Kings Street est en pleine déprime. L’éviction, le 16 avril, de son patron Olly Robbins a accentué le climat de défiance qui a saisi la diplomatie de l’Union Jack.