La dette française profite de la faiblesse des rendements allemands

L’OAT a surperformé le Bund la semaine dernière, les investisseurs cherchant un peu plus de rémunération
Olivier Pinaud
Le ministère de l'Economie et des Finances. Photo: PHB/Agefi
Le ministère de l'Economie et des Finances. Photo: PHB/Agefi  - 

Le mouvement a fait une pause hier. Mais l’ampleur de la descente enregistrée en fin de semaine dernière par les taux français a de quoi étonner. En deux jours, le rendement des taux français à 10 ans a ainsi fondu de 22 points de base (pb) vendredi soir à la clôture. En cours de séance, la baisse a même atteint 31 pb, avec un taux à 10 ans de seulement 2,422%. Ces journées concluaient une série de huit séances de baisses consécutives, du jamais vu depuis 2008. De quoi dissiper les craintes de tensions avancées par certains au moment de l'élection présidentielle. Pour les finances publiques, le mouvement constitue une excellente nouvelle, alors que le taux moyen pondéré des émissions de l’Agence France Trésor s’élevait au 21 mai à 2,23%.

«Le marché reste imprévisible, comme le prouve la quête désespérée de rendements sur le marché des OAT», s’étonnent les stratèges taux de la Société Générale, alors que la crise est loin d'être réglée en zone euro. En une semaine, l’OAT 10 ans «a surperformé le Bund de près de 40 pb», rappellent leurs confrères de Natixis, avec un écart tombé à 102 pb. Le spread a été divisé par deux depuis novembre 2011. «La France profite des achats se reportant vers les dettes les plus liquides», explique Natixis. La dette allemande a fait le plein d’investisseurs ces dernières semaines et offre un faible rendement.

ING rappelle que l’Allemagne a émis la semaine dernière une souche à deux ans à coupon zéro et que le 30 ans est passé sous les 2%. «Face à ces niveaux, la France, mais aussi l’Autriche et la Belgique (les «soft core») sont perçues par les investisseurs comme des titres offrant une relative sécurité, avec un spread qui compense très largement le surcroît de risque» face au Bund, ajoute ING.

L’approche des élections en Grèce, le 17 juin, et la fragilité du secteur bancaire espagnol devraient continuer à nourrir l’aversion pour le risque des investisseurs, au moins jusqu’au sommet européen des 28 et 29 juin. «Dans ce contexte, si le niveau déjà atteint par les taux allemands devrait en limiter la baisse, les «soft core» devraient continuer de bénéficier des reports de flux, les investisseurs risquant d’attendre avant de revenir sur l’Italie ou l’Espagne dans les prochaines semaines». Le spread entre les taux 10 ans espagnols et le Bund a d’ailleurs atteint hier un plus haut depuis la création de l’euro à 509 pb, avec un rendement espagnol à 6,4%.

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