La dette du Portugal montre les signes d’un stress croissant
Le risque d’une contagion grecque s’accroît sur les pays européens les plus fragiles. La courbe des taux des CDS portugais s’est inversée
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Laure Closier
«Vous êtes les prochaines victimes», avait menacé Theodoros Pangalos, le vice-Premier ministre grec dans un quotidien portugais début avril. Le mauvais présage serait en train de prendre forme. Alors que les taux longs grecs ont atteint 8% mercredi, les taux portugais leur ont emboîté le pas atteignant à la mi-journée 4,79% contre 4,61%, mardi soir. Les investisseurs s’inquiètent de la situation économique portugaise, après avoir craint la contagion pendant des semaines.
Signe des inquiétudes des marchés, la courbe des taux des CDS sur la dette d’Etat s’est inversée depuis quelques jours. Le prix des assurances contre le risque de défaut du Portugal est désormais plus cher à court terme qu’à long terme. La Grèce est le seul pays européen qui connaît une situation de marché similaire. Le Portugal avait déjà connu cette situation, début mars avant l’annonce d’une intervention possible de l’Union Européenne.
Si le Portugal fait partie du pool des pays européens les plus fragiles, son économie est moins sinistrée que celle de la Grèce. Sa dette estimée à 86% du PIB, reste dans la moyenne de la zone euro. Cependant, sa faible croissance structurelle et ses difficultés budgétaires l’ont mis à mal. Le déficit du Portugal s’est en effet fortement accru en 2009 atteignant 9,3% du PIB contre 2,8% en 2008. Le pays a vendu mercredi pour plus d’un milliard d’euros de bons du trésor à 3 et 9 mois à respectivement 0,476% et 1,079%. Si le pays se finance toujours beaucoup moins cher que la Grèce (3,65% sur la dernière opération d’Athènes à trois mois), ses taux se sont quand même envolés à court terme. Lors d’une opération similaire en novembre, le taux à 9 mois était deux fois plus faible qu’aujourd’hui.
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