La dette à haut rendement signe un début d’année réussi
Le marché primaire des obligations high yield en euros a connu le mois de février le plus actif de son histoire. Le volume d'émissions est ressorti à 3,1 milliards d’euros, d’après la recherche crédit de SG CIB, grâce une première quinzaine dynamique marquée par le refinancement obligataire de l’allemand Schaeffler pour 1,2 milliard d’euros.
Après un second semestre 2011 au ralenti, le marché du haut rendement en euro s’est donc véritablement rouvert ce mois-ci. En janvier, 1,3 milliard d’euros d’obligations avaient été placées, alors que les années précédentes, le volume d'émissions était deux fois supérieur durant le premier mois de l’année. Les émetteurs européens ont en effet surtout sollicité le marché américain en janvier. «25 % des placements de groupes européens ont été réalisés en dollars ce mois-ci tandis qu’ils avaient compté pour plus de 75 % du volume d'émissions en janvier», soulignent les spécialistes de Barclays Capital.
L’attractivité du marché américain s’explique non seulement par les conditions plus avantageuses offertes aux émetteurs, mais aussi par le montant important des liquidités prêtes à s’investir. Les fonds et les ETF high yield américains affichent douze semaines consécutives de collecte nette, pour un montant total de 14,2 milliards de dollars, d’après les dernières données du bureau d'études EPFR au 22 février. Pendant la crise financière d’août dernier, ces fonds avaient accusé des sorties hebdomadaires de plusieurs milliards de dollars.
En Europe, les fonds spécialisés ont collecté 457 millions de dollars en cinq semaines consécutives jusqu'à mi-février, d’après EPFR. Mais cette tendance s’est ensuite interrompue avec 18 millions de dollars de sorties. Un retrait qui n’a pas pesé sur la performance du secteur. C’est la classe d’actifs qui affiche la meilleure performance depuis le début de l’année. Le rendement ressort à 9,3 %, contre 3,9 % pour les obligations investment grade et 8,3 % pour l’indice actions DJ Euro Stoxx 50, d’après SG CIB.
Après ce bon début d’année, les spécialistes ne s’attendent pas à une nouvelle accélération de l’activité sur la classe d’actifs. D’abord, la liquidité reste faible sur le marché. Ensuite, les nouvelles émissions se déroulent pour le moment à un rythme cohérent avec les prévisions annuelles, notamment celle de SG CIB à 20 milliards d’euros.
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