La destination des émissions high yield est un gage d’assainissement
Alors que le volume des émissions high yield est toujours très bien orienté depuis début 2011 tant aux Etats-Unis qu’en Europe, faut-il s’inquiéter d’une apparente «dégradation» de la qualité des émetteurs ? Certains observent en effet que, au sein des volumes émis, les émissions de faible rating (CCC+ ou inférieur) représentent une part croissante du marché, avec une offre représentant 21% du total en cumul depuis le début de l’année, dépassant la moyenne à long terme (15,7%).
En fait, l’élément déterminant est que les émissions high yield sont principalement utilisées pour refinancer des échéances obligataires ou des prêts bancaires proches de leur échéance. Elles réduisent ainsi les risques de défaillance des émetteurs - notamment des plus fragiles - et s’accompagnent dès lors souvent d’un resserrement des spreads. Comme le montre le graphique ci-contre, 71% des émissions réalisées en 2011 ont été affectées à des refinancements.
Ceci contraste fortement avec la situation de la fin du «bull market» en 2007, où seulement 9% de l’offre avait été affectée à des refinancements. Ainsi, en 2007, la majorité des émissions avait des visées agressives: il s’agissait alors de financer des acquisitions, des LBO ou de financer la distribution de dividendes versés aux actionnaires, ce qui n’allait pas dans le sens des intérêts des porteurs d’obligations.
Le marché des obligations high yield profite donc de la demande de papiers à haut rendement pour s’assainir... avant la probable remontée du levier qui accompagnera la phase d’accélération du cycle économique. Si bien que, même si l’économie mondiale venait à faire face à un ralentissement sérieux au 2e semestre 2011 ou en 2012, il est peu probable d’assister à une remontée sensible des taux de défaut avant deux ans. Une bonne nouvelle pour les investisseurs !
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