La dépréciation du yuan, une mauvaise nouvelle pour l'économie mondiale
Dans un Flash économie publié le 7 janvier, Natixis examine les conséquences d’une possible dépréciation continue du renminbi (RMB), la monnaie chinoise. « Il semble que, à la fin de 2015 et au début de 2016, les autorités chinoises aient décidé de mettre en place une dépréciation progressive et continue du RMB », constate la banque de financement.
L’étude, intitulée « Que se passera-t-il s’il y a dépréciation continue du RMB chinois ?», rappelle que la balance commerciale de la Chine, déjà excédentaire, ne peut que gagner en embonpoint au jeu de la dépréciation. Pékin exporte, aujourd’hui encore, essentiellement des produits bas de gamme, ce qui rend sensible l’élasticité-prix de ses produits, analysent les experts de Natixis.
Ils soulignent en outre le risque d’amplification des sorties de capitaux qu’implique la dépréciation du RMB. Ces dernières sont dues « au recul de la rentabilité du capital, avec à la fois la hausse du coût salarial unitaire et la baisse des prix » ainsi qu’à « la dépréciation du RMB, puisque le taux d’intérêt en Chine n’est plus supérieur au taux d’intérêt sur le dollar corrigé de la dépréciation du RMB, ce qui fait disparaître l’incitation à s’endetter en dollar pour prêter en RMB ».
La dépréciation de la monnaie chinoise aggrave qui plus est la perte de réserve de change du pays, ce qui rend la stabilisation du RMB difficile, même si ces réserves demeurent substantielles.
La baisse du taux pivot par la Banque centrale chinoise est une mauvaise nouvelle pour les concurrents de la Chine ainsi que pour les entreprises qui ont des ventes dans le pays. La baisse de la valeur en devise des ventes serait à l’origine de l’effet négatif important de la baisse de la parité du yuan sur les cours boursiers, explique l’étude.
Mais ce phénomène ne pourrait-il pas être compensé à terme par l’avantage concurrentiel que tirent les exportateurs chinois de la baisse de la parité ? « On pourrait, avec la dépréciation du RMB, voir un redressement en Chine de la production de textile, au détriment par exemple d’autres pays d’Asie du Sud (Vietnam, Cambodge, Philippines, Pakistan…), de la production de biens d’équipement des ménages, au détriment par exemple de la Corée, de Taïwan, de biens d’équipement des entreprises, de matériel de transport (autos, bateaux, matériel pétrolier), au détriment de la Corée, du Japon, de nouvelles technologies, au détriment de la Corée, de Taïwan, du Japon, de l’Europe… », indique Natixis.
Enfin l’étude craint l’exportation de la déflation chinoise via le canal du commerce international. L’Europe évoluant déjà dans un climat déflationniste, une baisse des prix supplémentaire pourrait se révéler dangereuse.
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