La demande rebondit pour les émissions du FESF
Les investisseurs asiatiques avaient assuré entre un quart et près de la moitié de la demande dans les émissions du Fonds européen de stabilité financière (FESF) de juin et novembre 2011. Mais les placements du début d’année 2012 ont moins intéressé les investisseurs asiatiques. L'émission obligataire de janvier n’a recueilli que 12 % de demande de leur part. Sur l’opération à 20 ans réalisée le 19 mars dernier, la demande asiatique a été quasiment inexistante, à 2 % environ.
«Dès qu’on émet à plus de 10 ans, il ne faut plus compter sur l’Asie, dont les investisseurs, structurellement, préfèrent les maturités plus courtes», explique un spécialiste du marché primaire obligataire qui n’a pas travaillé sur les dernières émissions du FESF.
Les émissions des deux derniers jours marquent en revanche un regain d’appétit plus général des investisseurs. Elles ont été toutes deux sursouscrites plus de trois fois ce qui prouve une fois encore qu’après l’injection de liquidités de la BCE fin février et l'échange sur la dette grecque, les investisseurs ont repris confiance. L’allocation géographique sur l'émission d’hier, de 4 milliards d’euros à 5 ans, ne sera connue que dans la matinée. En janvier dernier, l'émission du Fonds, à 3 ans, avait affiché une sursouscription de 1,5 fois seulement.
Quelques points d’inquiétude demeurent sur l’appétit des investisseurs asiatiques. La complexité de la structure et sa reprise prochaine dans le Mécanisme de stabilité financière (MES) suscitent en effet une certaine défiance. Vu d’Asie, le souhait du candidat François Hollande de renégocier le pacte budgétaire européen s’il est élu incite aussi à la prudence.
Mais le Fonds ne s’inquiète pas de l’appétit des investisseurs asiatiques. «Ils ne se sont jamais détournés des émetteurs de la zone euro mais nous regardaient avec un optimisme interrogatif», expliquait Christophe Frankel, directeur général adjoint du FESF lors du forum GI la semaine dernière. Le FESF doit encore émettre environ 40 milliards d’euros cette année. «Nous ne sommes pas plus inquiets que cela, estime le banquier. Le fonds effectue un marketing très actif. Si les titres se comportent bien, les investisseurs répondront présent aux prochaines émissions».
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