La demande intérieure chinoise donne des signes inquiétants de ralentissement

Le retour à un excédent extérieur de 5,4 milliards de dollars en mars après un déficit record en février s’explique par un ralentissement des importations
Patrick Aussannaire

Le commerce extérieur chinois affiche un rebond en trompe-l’œil. L’économie a enregistré un excédent de sa balance commerciale de 5,4 milliards de dollars au mois de mars, alors que le consensus Reuters tablait sur un déficit de 1,3 milliard. Une performance qui s’explique par une croissance des exportations de 8,9% sur un an, et qui permet à la Chine de dégager un excédent de 670 millions au premier trimestre après un déficit record de 31,5 milliards au mois de février.

L’Europe continue de peser sur le dynamisme du pays. Sur les trois premiers mois de l’année, les exportations vers le Vieux Continent ont chuté de 1,8%, alors que celles vers les Etats-Unis ont progressé de 12,8%, de 14,6% vers la Russie et de 19,2% vers le Brésil.

Le rythme global de croissance des exportations reste néanmoins bien inférieur à celui observé l’an passé de 20,3%. Citigroup prévoit en outre un nouveau ralentissement de l’excédent extérieur à 110 milliards cette année, après 155,1 milliards en 2011, 183 milliards en 2010, 196 milliards en 2009 et 296 milliards en 2008. Le poids du commerce extérieur dans le PIB chinois est d’ailleurs passé de 3,1% en 2010 à 2% en 2011. Un niveau qui permet «au yuan de continuer de s’apprécier légèrement» selon Crédit Agricole CIB. Après une appréciation de 4,7% en 2011, la devise chinoise est en recul de 0,06% contre dollar à 6,298 depuis le début de l’année.

Si Pékin cherche à affaiblir sa dépendance au commerce extérieur, ces chiffres révèlent également des inquiétudes sur la faiblesse de la demande intérieure. La performance décevante des importations, qui ont crû de 4,6% en données ajustées en mars, suggère que «la demande intérieure est en phase de ralentissement, ce qui pourrait relancer les inquiétudes d’un atterrissage brutal de l’économie», estime CA CIB. «Une inquiétude qui compense l’impact positif d’une accélération plus forte que prévu des exportations», indique Citigroup.

La situation «devrait convaincre les autorités d’assouplir leur politique monétaire afin de stimuler la part domestique de l’économie chinoise», selon CA CIB. Des mesures en ce sens ont déjà été prises, qui attendent de porter leurs fruits. Si l’inflation globale s’est tendue à 3,6% en mars (après 3,2% en février), l’indice non alimentaire a ralenti à 1,8% au premier trimestre après 2,3% au trimestre précédent. Ce qui laisse des marges de manœuvre.

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