La déflation frappe à la porte des pays développés
En décidant mardi soir de racheter des emprunts d’Etat, la Fed, après la Banque d’Angleterre, a désigné la déflation comme ennemi numéro un.
De fait, jamais les économies développées n’ont paru aussi vulnérables à ce risque. «Il n’y aura pas de déflation longue à la japonaise, mais une déflation brève à la suédoise (au début des années 90, ndlr) aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe», précise Dominique Barbet, à la recherche économique de marché chez BNP Paribas.
La banque fonde notamment son raisonnement sur un indice mis en place par le Fonds monétaire international dans les années 90 (voir tableau).
Celui-ci se compose de quatre grands thèmes: le niveau de l’inflation, la mesure de l’excès de capacité de production, les taux de change et agrégats monétaires, et l’orientation du prix des actifs.
Au-delà de 50% de réponses positives à ces critères, le risque de déflation peut être considéré comme élevé.
Plusieurs pays sont ou seront dans ce cas. Selon les calculs de BNP Paribas, l’indice de vulnérabilité des Etats-Unis à la déflation devrait atteindre 67% en 2009, largement au-delà du précédent sommet de 44%, qui date de 1993.
Celui de la France grimpera à 89%. Pour l’ensemble de la zone euro, il devrait s’élever à 77% à l’horizon 2010. A cette date, l’inflation sous-jacente de l’eurozone devrait s’inscrire pour la première fois en territoire négatif (-0,1%), et s’y enfoncer en 2011 (-0,7%), estime la banque.
Si l’on y ajoute l’effondrement de l’activité, la fin de la bulle immobilière et la baisse des salaires par l’envolée du chômage, tous les clignotants sont au rouge. Message transmis à la Banque centrale européenne.
Plus d'articles du même thème
-
Vanguard élargit sa gamme obligataire avec un fonds court terme
Vanguard renforce sa présence sur le marché obligataire avec un fonds à court terme sous gestion active, misant sur la diversification. -
BlackFin ouvre son capital au fonds américain Blue Owl
Détenu par ses associés, le gérant français de private equity accueille le spécialiste des GP stakes comme actionnaire minoritaire afin d'accélérer son développement. -
Les livrets réglementés coûteront moins cher que prévu aux banques françaises
Le taux du Livret A augmente un peu moins qu’anticipé et celui du Livret d’épargne populaire reste stable. De mauvaises nouvelles pour les épargnants qui font les affaires des banques. -
La BCE dévoile la liste des 36 acteurs sélectionnés pour le pilote de l'euro numérique
Plus de 50 prestataires de services de paiement étaient candidats pour participer au projet de l'euro numérique. Seule une banque française a été sélectionnée : BPCE. -
BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
La société de gestion américaine BlackRock, qui a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026 mercredi 15 juillet, pulvérise à nouveau les attentes. -
La vente de SFR sera examinée par l'Autorité de la concurrence française
C’est finalement l’Autorité de la concurrence française qui va passer au crible l’offre conjointe de 20,35 milliards d'euros émise par Orange, Iliad et Bouygues pour le rachat de leur concurrent SFR, a-t-elle annoncé, mercredi 15 juillet.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
ImpasseMoyen-Orient : le coût du baril de pétrole au plus haut depuis un mois
Les Etats-Unis ont bombardé l’Iran pour la quatrième journée consécutive, tout en rétablissant un blocus naval. Cette fragilisation de la trêve inquiète les marchés et affole les cours du Brent. -
Au boulot !Manpower : « Nous avons 20 000 missions d'intérim et 6 000 CDI à pourvoir »
Les entreprises continuent d'offrir des postes qui ne trouvent pas preneur. Décryptage avec Benoît Derigny, le président de ManpowerGroup France -
Peut mieux faireFace à une croissance qui ralentit, la Chine voudrait relancer la demande intérieure
Alors que le PIB chinois a enregistré son pire résultat depuis 2022, Pékin met sur la table son premier plan quinquennal consacré à la consommation