La déflation frappe à la porte des pays développés
Jamais les Etats-Unis et la zone euro n’ont été aussi vulnérables à ce risque, selon BNP Paribas
Publié le
Alexandre Garabedian
En décidant mardi soir de racheter des emprunts d’Etat, la Fed, après la Banque d’Angleterre, a désigné la déflation comme ennemi numéro un.
De fait, jamais les économies développées n’ont paru aussi vulnérables à ce risque. «Il n’y aura pas de déflation longue à la japonaise, mais une déflation brève à la suédoise (au début des années 90, ndlr) aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe», précise Dominique Barbet, à la recherche économique de marché chez BNP Paribas.
La banque fonde notamment son raisonnement sur un indice mis en place par le Fonds monétaire international dans les années 90 (voir tableau).
Celui-ci se compose de quatre grands thèmes: le niveau de l’inflation, la mesure de l’excès de capacité de production, les taux de change et agrégats monétaires, et l’orientation du prix des actifs.
Au-delà de 50% de réponses positives à ces critères, le risque de déflation peut être considéré comme élevé.
Plusieurs pays sont ou seront dans ce cas. Selon les calculs de BNP Paribas, l’indice de vulnérabilité des Etats-Unis à la déflation devrait atteindre 67% en 2009, largement au-delà du précédent sommet de 44%, qui date de 1993.
Celui de la France grimpera à 89%. Pour l’ensemble de la zone euro, il devrait s’élever à 77% à l’horizon 2010. A cette date, l’inflation sous-jacente de l’eurozone devrait s’inscrire pour la première fois en territoire négatif (-0,1%), et s’y enfoncer en 2011 (-0,7%), estime la banque.
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