La défiance vis-à-vis de l’euro nourrit la tension sur le Libor en dollar
Engendrée par les inquiétudes liées aux politiques d’austérité et à la croissance en Europe, la violente chute de l’euro rend plus difficile l’accès des banques européennes au financement en dollar. Tandis que le swap de base pour échanger un financement en euro contre dollar a atteint lundi un record depuis février 2009 de 58,75 points de base - contre 40 pb début mai - les tensions sur le marché interbancaire en dollar se sont intensifiées en dépit de la récente réouverture par la Fed de ses lignes de swaps de change avec les banques centrales européennes.
Entre décembre et mars 2010, le libor, en dollar, était resté stable autour de 0,25 %. Mais suite à la crise grecque et à l’émergence du risque de contagion à l’ensemble de l’Europe, le taux interbancaire a été publié hier à 0,46 %, par rapport à 0,445 % vendredi. Il s’agit d’un pic depuis le 7 août dernier. Le taux à trois mois témoigne de la rapidité de la détérioration du financement disponible en billet vert alors que Citi remarque que le coût du financement en dollar via les banques centrales demeure trop élevé (actuellement à taux JJ + 100 pb).
Reflétant la volonté des banques de se prêter à 3 mois par rapport à une position quotidienne qui serait renouvelée chaque jour, le spread Libor-OIS (écart de taux entre contrats à terme 3 mois Libor et taux au jour le jour) est ressorti hier à 24,5 pb, contre 6 pb à la mi-mars. Un plus haut depuis le 17 août. Barclays Capital estime qu’il y a encore du potentiel à un écartement des spreads Libor-OIS vers des niveaux de 40-50 pb. Cependant, la situation n’est pas comparable à celle qui prévalait au pire de la crise de liquidité. En octobre 2008, ce spread avait touché un pic de 364 pb!
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