La défiance à l'égard des souverains profite à la dette corporate

Selon le cabinet Dealogic, le montant des émissions de dette corporate au niveau mondial a atteint un niveau record pour un mois d’août.
Krystèle Tachdjian

La défiance des investisseurs à l’égard des obligations d’Etat du fait de la crise de la zone euro a largement profité aux émissions d’obligations corporates en cette fin d'été. Selon le cabinet Dealogic, les émissions obligataires ont atteint un niveau record depuis le début août jusqu’à aujourd’hui en comparaison avec la même période des années précédentes.

Au total, près de 117 milliards de dollars de dettes d’entreprises pour près de 300 transactions ont été émis dans le monde depuis le début du mois ce qui équivaut au montant le plus élevé depuis 1995, date à laquelle Dealogic a commencé à compiler les données sur le marché. Cela correspond à plus du double des montants émis généralement sur la période soit quelque 58 milliards de dollars en moyenne, notait hier le Financial Times.

En Europe, le montant des émissions est passé de 8 milliards en moyenne à 12 milliards de dollars en août. Les investisseurs semblent avoir quelque peu retrouvé le goût du risque, encouragés par les propos de Mario Draghi le président de la BCE, qui s’est dit prêt à tout mettre en œuvre pour sauver l’euro même si les contours de cette intervention restent à préciser. Les banques européennes ont même retrouvé le chemin des marchés avec les récentes émissions de Société Générale, BNP Paribas, ou encore la banque espagnole Santander et l’italienne Unicredit.

En Asie aussi les volumes d’émissions corporates ont fait un bond significatif passant de 27 milliards de dollars en août 2011 à 41 milliards depuis le début du mois. Aux Etats-Unis, le marché de la dette à haut rendement dite high yield s’est montré particulièrement dynamique avec environ 27 milliards de dollars d’émissions sur le mois soit quasi 4 fois plus que la moyenne des émissions sur la période. Le secteur des télécommunications est arrivé en tête, devant le secteur de la santé rétrogradé au second rang, suivi du secteur énergétique.

Sur le Vieux Continent aussi, les actifs high yield sont demeurés attractifs aux yeux des investisseurs mais dans un contexte de baisse des taux, la dette se traite aujourd’hui à ses plus bas niveaux de rendement depuis sept ans, selon l’indice JPMorgan Euro High Yield. Autre revers de la médaille,: l’appétit des investisseurs pour les dettes

corporates les mieux notées fait peser un risque de rendement négatif sur ces titres.

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