La déconnexion entre matières premières et réalité économique pourrait s’amplifier
Alors que le scénario de «double creux» de l’économie mondiale commence à peine à s’éloigner, le spectre inflationniste plane au-dessus du marché des matières premières. Et pour cause, au troisième trimestre 2010, la demande mondiale de pétrole a déjà crû de 2,4 millions de barils par jour selon Bank of America/Merrill Lynch.
Surtout, l’évolution de l’indice des matières premières CRB, comparée à celle de la croissance mondiale depuis 1980 (voir graphe), montre une certaine déconnexion des prix des matières premières par rapport à la réalité des fondamentaux économiques, notamment dans le scénario extrême de 2008. Or la perspective des achats de Treasuries de la Fed risque d’exacerber ce décalage.
Selon SG CIB, les tours successifs d’assouplissement quantitatif devraient, en général, se traduire par une hausse de l’inflation de plus de 25%, comme celle vécue par le Royaume-Uni dans les années 70. Pour Barclays, les achats de Treasuries vont abaisser la partie longue de la courbe des taux américaine de 20 pb et accroître le PIB des Etats-Unis de 0,1 point de pourcentage. Ils auront «comme deuxième effet d’inciter l’épargne à aller sur des actifs plus risqués, augmentant la valeur de ces actifs» et «soutiendront la consommation via les effets richesse». Aux yeux de la banque, les prix des actifs pourraient croître de 10%, soit un peu plus de 0,1 point de PIB au troisième trimestre 2011.
D’après BNP Paribas, les achats de Treasuries auront des effets négatifs pour le dollar, et donc soutiendront le prix de pétrole. Bank of America/Merrill Lynch voit le baril de Brent dépasser les 90 dollars avant fin 2010 et toucher les 100 en 2011. Il se traitait hier à 87,2 dollars hier, contre un plancher de 68 dollars en mai.
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