La décollecte sur les fonds émergents s’accélère
Comme le laissaient supposer les violents mouvements observés sur les devises et les Bourses des pays émergents, la décollecte sur la classe d’actif s’est accélérée fin août. Les fonds actions émergents ont enregistré 3,87 milliards de dollars de retraits sur la semaine arrêtée au 28 août, selon les statistiques d’EPFR. Un montant trois fois supérieur à la moyenne hebdomadaire des dix dernières semaines, et qui porte à 13,3 milliards la décollecte sur cette période, soit près de 2% des actifs gérés.
Sur les fonds obligataires émergents, les sorties de capitaux ont atteint 2 milliards de dollars. Il s’agit du plus large retrait hebdomadaire depuis la fin juin et de la quatorzième semaine consécutive de décollecte. Celle-ci a commencé fin mai après que la Fed a laissé entrevoir une diminution de son programme de rachats d’actifs.
Les turbulences ont forcé les banques centrales du Brésil, d’Indonésie ou de Turquie à engager cet été un cycle de resserrement monétaire rapide. Vendredi, l’Inde a brandi la menace d’une intervention concertée sur le marché des changes. «Ce sera une question de jours plutôt que de semaines. Le Brésil et l’Inde peuvent lancer le mouvement», a déclaré à Reuters Dipak Dasgupta, principal conseiller économique du ministère indien des Finances. Le responsable met en cause la spéculation sur les marchés à terme non livrables (non-deliverable forward, NDF), qui se sont surtout développés à Singapour et permettent aux investisseurs de jouer des devises peu liquides ou non convertibles. La banque centrale du Brésil a cependant démenti sa participation à une intervention concertée. Le sujet devrait alimenter les conversations les 5 et 6 septembre au G20 de Saint-Pétersbourg.
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