La croissance devrait se contracter dans la zone euro au deuxième trimestre

Les premières estimations des indices PMI font état d’une contraction de l’activité économique notamment en France et en Allemagne
Solenn Poullennec

Les espoirs de reprise de la croissance européenne sont douchés. Selon les premières estimations du fournisseur de données de marché Markit, l’indice PMI composite pour la zone euro, un bon indicateur avancé de la croissance du PIB, a reculé de 46,7 en avril à 45,9 en mai. L’activité économique dans la zone ne s’était pas autant contractée depuis le second semestre de 2009.

«L’indice Flash est conforme à une baisse trimestrielle du PIB de l’Eurozone d’au moins 0,5% au deuxième trimestre 2012, le malaise économique croissant auquel font face les pays de la périphérie se propageant à la France et à l’Allemagne», a commenté Chris Williamson, chef économiste chez Markit.

En France, l’indice Flash de l’activité globale recule à 44,7 ce mois-ci contre 45,9 en avril. L’activité ne s’était pas autant repliée depuis plus de trois ans. Le recul est aussi marqué dans le secteur manufacturier que dans le secteur des services. Interrogées sur la baisse des affaires, les entreprises ont évoqué un recul de la demande ainsi qu’un manque de visibilité économique. La faiblesse de l’activité est par ailleurs concentrée sur le marché intérieur. Autant de signes qui augurent, selon Markit, d’une contraction du PIB en France au deuxième trimestre.

L’Allemagne continue de se porter mieux que ses partenaires économiques. Reste que l’activité qui avait commencé à se redévelopper le mois dernier s’est de nouveau repliée. L’indice Flash Composite est ressorti à 49,6 en mai contre 50,5 en avril dernier. Si l’activité dans les services est restée stable, le secteur manufacturier accuse un sérieux ralentissement. L’indice manufacturier est passé à 45, la chute n’avait pas été aussi marquée depuis près de trois ans. L’indice était à 46,2 en avril.

L’indice IFO du climat des affaires outre-Rhin a quant à lui enregistré sa première baisse (de 3 points de base) depuis le mois d’octobre 2011, à 106,9. L’opinion des entreprises sur la situation de l’activité s’est détériorée (-4.3 points de base à 113,3). De même, on a enregistré une première baisse des anticipations depuis octobre 2011.

«La question centrale est de savoir si la BCE va soutenir l’économie de la zone ou préférera attendre plus longtemps de juger l’impact des deux LTRO sur l’économie réelle en reportant par exemple une nouvelle baisse des taux ou une autre injection de liquidité à long terme jusqu’après le sondage sur le crédit publié le 25 juillet», note l’économiste de Deutsche Bank, Gilles Moec.

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