La croissance chinoise perd en dynamisme
Une flopée d’indicateurs au cours du week-end ont pointé dans le même direction : la croissance chinoise accuse une phase de décélération. Selon le bureau des statistiques, la production industrielle a progressé sur un an de 9,2% en mai, contre un consensus Bloomberg de +9,4%, tandis que les prix à la production ont reculé de 2,9%, leur repli le plus important depuis septembre dernier. Avec des ventes au détail tout juste conformes aux attentes (+12,9%) et une inflation au niveau des prix à la consommation au plus bas depuis trois mois, à 2,1%, la demande intérieure reste insuffisante pour compenser des exportations en perte de vitesse. Ces dernières ont seulement progressé de 1% le mois dernier, contre 14,7% en avril, enregistrant leur croissance la plus faible depuis juillet 2012. Les importations ont pour leur part reculé de 0,3%.
«Cela montre le véritable état de la situation de la Chine à l’export», souligne Shen Jianguang, chef économiste Asie chez Mizuho Securities. Ces données révèlent ainsi un «tableau assez déprimé», avec une demande extérieure faible et un yuan qui s’est apprécié substantiellement contre un panier de devises pondérées en fonction des échanges commerciaux. Sur le plan du crédit, les données de la banque centrale font état de 667,4 milliards de yuans (82 milliards d’euros) de nouveaux crédits octroyés en mai, là où les analystes tablaient sur un chiffre de 850 milliards de yuans. Dans ce contexte, le Premier ministre Li Keqiang, a déclaré samedi à des responsables provinciaux que la croissance était encore relativement rapide et que des «facteurs compliqués» devaient être étroitement surveillés, selon des propos rapportés par l’agence Xinhua News.
En visite aux Etats-Unis, le président Xi Jinping a assuré de son côté «avoir pleinement confiance dans un développement économique à long terme sain et durable». Alors que le PIB a crû de 7,8% en 2012, la performance la plus médiocre depuis 13 ans, l’objectif de 7,5% fixé pour cette année pourrait être difficile à atteindre. Selon les économistes de JPMorgan, la banque centrale dispose même d’une certaine latitude pour une baisse des taux. Par crainte d’une bulle immobilière, elle pourrait lui préférer un assouplissement via l’injection de liquidités sur les marchés monétaires afin de soutenir le crédit.
Plus d'articles du même thème
-
Les ventes de détail ont rebondi en mars au Royaume-Uni
Les achats anticipés de carburants avant la hausse des prix liée au conflit au Moyen-Orient ont soutenu ce rebond, également porté par les ventes de vêtements. Mais cette embellie n’est peut-être pas durable. -
Electrolux opte pour un appel massif au marché
La faiblesse du marché nord-américain pèse lourdement sur les comptes du groupe suédois d’électroménager. En perte opérationnelle au premier trimestre, il lance une augmentation de capital importante et compte se redresser en signant un partenariat en Amérique du Nord avec le chinois Midea. -
Eni affiche des performances trimestrielles en demi-teinte
Le recul des résultats du groupe italien d’hydrocarbures est contrebalancé par la forte augmentation de son programme de rachats d’actions. -
Les fonds obligations internationales à la loupe #163
Les fonds obligataires internationaux avec une approche flexible tirent leur épingle du jeu dans un environnement chahuté. -
La Cour des comptes sonne la charge contre les niches fiscales qui minent la lisibilité de l’impôt
Toujours plus coûteuses et de moins en moins lisibles, les niches fiscales s’imposent comme un angle mort des finances publiques. La Cour des comptes pointe dans un nouveau rapport des failles persistantes dans leur suivi et appelle à enrayer leur progression. -
Disparition de Juan Alcaraz, fondateur d’Allfunds
L'ex-directeur général de la plateforme de distribution de fonds espagnole est décédé à l'âge de 56 ans.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
Pour Macron, le SCAF, projet d’avion de combat franco-allemand, n’est « pas du tout » mort
Le projet a du mal à voir le jour, en raison de désaccords persistants entre les industriels (Airbus et Dassault Aviation). Les médiateurs chargés de sauver le programme ont demandé des jours supplémentaires pour rendre leurs conclusions -
Tribune libre« Trump ou Lecornu, présider ou manager ? »
« Un homme politique n’est pas seulement une personne : c’est aussi un masque. Et un masque ne se comprend jamais seul. » A partir de la lecture de Claude Lévi-Strauss, le philosophe et professeur de marketing à l'ESCP, Benoît Heilbrunn, dresse un parallèle entre les méthodes employées par le président américain et le Premier ministre français. Disons qu'elles ne sont pas tout à fait les mêmes... -
Seine colèreEmmanuel Gregoire met les propriétaires sous surveillance avec une « brigade du logement »
Multiplication des logements sociaux, surtaxation des résidences secondaires, encadrement drastique des meublés touristiques : la politique à gauche toute du nouveau maire de Paris vire à l'obsession