La croissance chinoise enregistre sa plus faible performance depuis trois ans
Le chiffre très attendu de la croissance chinoise au premier trimestre est tombé ce matin, à 8,1%, et il confirme le scénario d’un atterrissage en douceur de l'économie. Si les données officielles sont à manier avec précaution, la croissance ressort néanmoins à un niveau légèrement inférieur au consensus Reuters de 8,3%, et tombe à son rythme le plus faible depuis le premier trimestre 2009. Au quatrième trimestre 2011, l’activité avait crû à un rythme annuel de 8,9%. «La croissance sur les deux premiers mois a été faible. L’assouplissement monétaire et fiscal de mars n’a pas été suffisant pour sauver le trimestre» estime Goldman Sachs.
Hier, des rumeurs faisant état d’une croissance de 9% au premier trimestre, mais également la publication des chiffres des nouveaux prêts bancaires qui ont dépassé les 1.000 milliards de yuans, soit leur plus forte croissance depuis janvier 2011, ainsi que la hausse de la masse monétaire M2 à 13,4% après 13% en février, ont dopé de 1,8% la Bourse de Shanghai ainsi que le prix des matières premières. «Un autre signe qui renforcent notre scénario que le premier trimestre constitue le bas de cycle et que la tendance est redevenue haussière» estime Nomura.
La hausse de 15,7% en un an des prêts en yuan à 57.250 milliards de yuans fin mars confirme les intentions des autorités de se recentrer vers la demande intérieure et alimente les anticipations de nouvelles mesures de soutien. Au premier trimestre, la consommation a contribué à hauteur de 76% à la croissance du PIB, contre 51,6% en 2011. Dans le même temps, la part des investissements (infrastructures, immobilier) est tombée de 54,2% à 33,4%. En mars, la production industrielle a progressé à un rythme de 11,9%, les ventes au détail de 15,2% et les investissements de 20,9%.
La Banque mondiale a indiqué hier qu’elle tablait sur un ralentissement de la croissance du PIB chinois de 9,2% l’année dernière à 8,2% sur l’ensemble de l’année 2012, avant de rebondir à 8,6% en 2013. Une estimation comprise entre celle de 8,5% de la Banque asiatique de développement, et celle faite par Pékin qui table sur un ralentissement à 7,5%. De quoi faire refluer l’inflation à 3,2% cette année selon la Banque mondiale. Un niveau bien en-dessous de l’objectif de 4% visé par la Banque Populaire de Chine qui bénéficie ainsi de marges de manœuvre pour poursuivre sa politique d’assouplissement monétaire.
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