La croissance britannique reporte l’hypothèse d’un nouvel assouplissement
Les chances d’un nouvel assouplissement quantitatif en Grande-Bretagne dès la semaine prochaine s’amenuisent. La croissance du PIB britannique au troisième trimestre, deux fois supérieure aux attentes à 0,8%, amène désormais la majorité des économistes et des investisseurs à privilégier un statu quo pour la prochaine réunion de la BoE, le 4 novembre. Les taux britanniques à 10 ans se tendaient hier de 14 points de base, à 3,05%, tandis que le sterling a gagné jusqu’à 1,1% en séance face au dollar et près de 1,5% face à l’euro.
Les neuf membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre sont déjà très divisés sur la marche à suivre: l’un a plaidé en octobre pour une hausse des taux (Andrew Sentance), sept pour le statu quo, et le dernier (Adam Posen) pour une reprise des rachats d’actifs. «Il est difficile d’imaginer que les membres modérés du comité puisse annoncer en novembre un nouvelle vague d’assouplissement quantitatif après ce chiffre, et avec une inflation élevée (3,1%, ndlr)», estimait hier Neville Hill, l’économiste de Credit Suisse.
Cette croissance annoncée à 0,8%, qui succède à une progression du PIB de 1,2% au deuxième trimestre et porte la progression sur un an à 2,8%, doit toutefois inciter à la prudence. Cette première estimation peut encore être révisée à la baisse. Deuxième contributeur à la croissance (0,2 point de PIB) après les services, le secteur de la construction, qui pèse 6% du PIB britannique, ne pourra tenir ce rythme. Et le plan d’austérité britannique qui a conduit hier S&P à relever de négative à stable sa perspective attachée à la note AAA du souverain ne va pas tarder à produire ses effets.
«Entre la restriction continue du crédit, les pertes d’emploi dans le secteur public, les coupes dans les allocations et les hausses d’impôt, la croissance va continuer à ralentir, souligne James Knightley, économiste chez ING. Et si l’on enlève l’effet des taxes, l’inflation en Grande-Bretagne n’est que de 1,4% sur un an». L’économiste table donc sur une reprise de la politique d’assouplissement quantitatif en février, tout comme ceux de BNP Paribas et de JPMorgan. RBS, seul à prévoir la croissance à 0,8%, reste même convaincu de la nécessité de rachats d’actifs dès novembre. La publication de l’indice PMI des services, la semaine prochaine, donnera une idée du ralentissement à attendre outre-Manche.
Plus d'articles du même thème
-
EXCLUSIF
Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
Fondée par Laurent Dobler, Nicolas Kieffer et Victor Gutzwiller, la jeune boutique parisienne lance sa première Sicav luxembourgeoise et anticipe un retour des allocataires d’actifs vers la gestion de conviction. -
Ardian prend le contrôle de l’allemand Munich Electrification
La société d’investissement acquiert une participation majoritaire dans le groupe spécialisé dans les systèmes de gestion de batteries. Les fondateurs conserveront une participation minoritaire, tandis que l'équipe dirigeante réinvestira aux côtés d’Ardian. -
Samsung Active Asset Management lance un ETF dédié aux infrastructures réseau de l'IA
Le gestionnaire d'actifs sud-coréen mise sur la communication optique et les satellites en orbite basse pour capter le prochain goulot d'étranglement de l'intelligence artificielle. -
Nomura AM renforce son équipe obligataire
En provenance de Goldman Sachs AM, Richard Hastings est recruté au poste de client portfolio manager. -
La version 2.0 de l’initiative "European Tech Champions" attire ses premiers gros investisseurs
La Banque européenne d’investissement vient de confirmer la participation de plusieurs investisseurs institutionnels au deuxième millésime de l’initiative European Tech Champions. -
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.