La croissance américaine reste fragile derrière un dynamisme apparent
La croissance américaine a été dynamique au dernier trimestre 2011 mais l’analyse des statistiques laisse penser que ce rebond est fragile. En rythme annuel, le PIB a crû de 2,8%, soit nettement au-dessus de l’activité du troisième trimestre qui était ressortie à 1,8%.
Ces chiffres traduisent une consommation des ménages soutenue (+2%), alors que l’investissement des entreprises a ralenti, tout comme les dépenses publiques. En revanche, la formation des stocks a contribué pour près de 2 points à la croissance enregistrée au quatrième trimestre. Et la balance commerciale a pesé à hauteur de 0,1 point car même si les exportations ont progressé, les importations sont restées soutenues.
Autant de données qui incitent les économistes à la plus grande prudence, même si le chiffre de croissance n’est pas très en dessous du consensus à 3%. «Avec la moindre pression sur les prix et l’amélioration du marché du travail, les dépenses de consommation des ménages ont continué leur progression au dernier trimestre 2011. Mais, comparée aux attentes, l’accélération est un peu décevante», note Thomas Julien chez Natixis.
«La ‘forte’ croissance sur ce trimestre est fragile car essentiellement imputable à des facteurs temporaires. La demande intérieure reste faible et, mécaniquement, la croissance du premier trimestre 2012 va ralentir, notamment sous le poids d’une contribution négative de la formation des stocks», souligne Christian Parisot, économiste chez Aurel BGC.
Ces données sont à prendre avec précaution car susceptibles d’être révisées prochainement à l’aide des statistiques définitives de décembre. Elles laissent néanmoins attendre une croissance modérée aux Etats-Unis pour cette année. Dans ses projections publiées la semaine dernière, le Fonds monétaire international parie d’ailleurs sur une croissance de 1,8% en 2012 et de 2,2% en 2013, évoquant «une plus grande aversion pour le risque et une politique budgétaire plus rigoureuse».
La Fed a quant à elle revu ses prévisions de croissance pour 2012 à la baisse. Elle table désormais sur une activité entre 2,2 et 2,7%. Signe qu’elle reste cependant très prudente sur l’évolution de l’activité, elle a annoncé qu’elle maintiendrait ses taux très bas jusqu’à la fin 2014 et elle s’est bien gardée de fermer la porte à un troisième volet de sa politique d’assouplissement quantitatif.
Plus d'articles du même thème
-
L'exercice délicat de la renonciation dans les contrats de crédit
Retrouvez le deuxième volet consacré à la renégociation des ratios financiers dans les contrats de crédit. -
Novo Nordisk relève la tête grâce à sa pilule anti-obésité
Le laboratoire danois poursuit son rebond en Bourse grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et à des prévisions un peu moins mauvaises que prévu. -
Arkema maintient ses ambitions annuelles malgré la crise au Moyen-Orient
Le chimiste a enregistré une performance globalement supérieure aux attentes au premier trimestre et tente de s'adapter aux perturbations créées par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran. -
Veolia réitère ses objectifs pour 2026
Le groupe de services collectifs affiche un Ebitda en hausse de 5,4 % à 1,77 milliard au 1er trimestre, une performance conforme aux attentes du consensus des analystes. -
Scor confirme ses objectifs annuels après un trimestre solide
Le réassureur a publié des résultats supérieurs aux attentes pour les trois premiers mois de l'année grâce à une bonne performance de l'assurance dommages. -
Larry Fink juge qu’il n’y a pas de bulle dans l’IA
Larry Fink, le directeur général de BlackRock, estime qu’il n’y a pas de bulle dans l’IA, rapporte le Financial Times. « C’est l’inverse. Nous faisons face à des pénuries d’offre ; la demande croît bien plus rapidement que quiconque ne l’avait anticipé », a-t-il déclaré mardi lors de la conférence annuelle Milken Institute à Beverly Hills. « Nous n’avons pas encore commencé à explorer les opportunités de l’IA à travers le monde. Il y a une immense question géopolitique quant à savoir qui accède à cette technologie », a-t-il poursuivi. Larry Fink prévient que le boom de l’IA va entraîner une économie en forme de K dans chaque secteur. « Il va y avoir un, deux ou trois gagnants... dans chaque industrie ; et de nombreuses entreprises plus petites vont être contraintes de fusionner ou de faire autre chose », a-t-il conclu.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
- Bertrand Prince rejoint Sunny AM
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : un cargo de CMA CGM visé par une attaque dans le détroit d'Ormuz
Le porte-conteneurs San Antonio, exploité par CMA CGM, a été visé, mardi 5 mai, par une attaque dans le détroit d’Ormuz. Des membres d’équipage ont été blessés, alors que plusieurs navires à « intérêt français » restent bloqués dans la zone -
Bergen, la plus belle porte des fjords de l’ouest norvégien
Quand on pense à Bergen, on visualise immédiatement ces maisons en bois, colorées, alignées telles des sentinelles à l’entrée du port. Toutefois, la ville ne se réduit pas à cette sublime carte postale. Elle déploie tout autour de la baie de Vågen, des quartiers au charme fou, à l’image de villages perchés. Bergen serpente et grimpe jusqu’aux monts Fløyen et Ulriken. Une fois là-haut, un paysage fantastique de fjords, de montagnes, de plateaux et de glaciers émerge dans la lumière du soleil. -
Droits de douane : face aux menaces de Trump, Macron appelle l’UE à activer son « bazooka commercial »
Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à recourir à son instrument anticoercition si Donald Trump relevait les droits de douane sur les voitures européennes. Bruxelles, de son côté, assure être prête « à tous les scénarios »