La crise européenne favorise les émissions de sukuks dans le Golfe
La crise de la dette souveraine en Europe pourrait bien favoriser la finance islamique. Selon Bloomberg, les émissions d’obligations compatibles avec la charia (sukuks) dans le golfe Persique ont atteint un record depuis quatre ans, à 7,3 milliards de dollars, soit un bond de 62% sur un an.
Dans le même temps, les émissions de dette non islamique ont baissé de 27% sur un an dans les six pays du Golfe (les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, le Qatar et le Koweït). Les déboires européens poussent les émetteurs à chercher des sources de financement alternatives. Entre autres grosses opérations réalisées, Bahreïn a émis pour 750 millions de dollars de sukuks à sept ans en novembre. Ce même mois, la banque commerciale d’Abou Dhabi a vendu 500 millions de dollars de sukuks à cinq ans.
Dans une étude publiée à la mi-novembre, Deutsche Bank estimait que la crise et les nouvelles contraintes réglementaires des banques rendaient l’industrie des obligations islamiques plus attractive pour les émetteurs. Elle représente aujourd’hui 50 milliards de dollars et 1% des émissions totales de dette. Selon la banque, l’ensemble de l’industrie (obligations, immobilier...) pourrait doubler ses actifs à 1.800 milliards de dollars d’ici à 2016.
Le dynamisme de cette année est toutefois à relativiser. Les émissions en 2011 représentent encore moins de la moitié des 18,2 milliards de dollars émis en 2007. En raison des mauvaises conditions de marché, plusieurs opérations d’envergure ont été ajournées. Ainsi, la filiale turque du groupe bancaire Albaraka a reporté la vente de 200 millions de dollars d’obligations islamiques au premier trimestre et l’entreprise de Dubaï spécialisée dans les prêts immobiliers Tamweel n’est toujours pas allée sur le marché comme prévu en novembre.
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