La crise des crédits pourrait contrarier la scission de Cadbury Schweppes
Compte tenu du refinancement nécessaire à l’opération, Bear Stearns estime la probabilité d’un report à au moins 50%
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Olivier Decarre
Cadbury Schweppes va-t-il pouvoir mener à bien ses projets de séparation de sa branche boissons (Dr Pepper Snapple) ? Certains en doutent. Déjà, à l’automne, la crise des crédits avait contraint le groupe à renoncer à une vente et à envisager à la place une scission. Cette fois, c’est le projet même de scission qui est mis en doute.
«Compte tenu de la poursuite de la détérioration des marchés de dette, nous pensons qu’il y a maintenant un risque, avec une probabilité d’au moins 50 %, que Cadbury Schweppes reporte la séparation de sa branche américaine de boissons prévue au deuxième trimestre 2008», avance une note de Bear Stearns.
A priori, les turbulences sur le marché de la dette ne devraient pourtant en rien perturber une simple opération de scission. Mais, selon le schéma prévu, comme le rappelle l’intermédiaire, «Cadbury a besoin de lever environ 1,7 milliard de livres pour sa branche boissons afin de rembourser des billets de trésorerie détenus aujourd’hui par Cadbury Schweppes».
Fin février, le groupe avait prévenu qu’il n’était pas encore en mesure de mener à bien le refinancement dans des conditions lui permettant de s’assurer une notation BBB-. Et «Ken Hannah avait indiqué que si le refinancement n’était pas assuré aux niveaux attendus avant la fin mars, le groupe pourrait reconsidérer la scission», rapporte Bear Stearns.
Inutile de préciser que dans le contexte actuel, l’opération devrait s’avérer encore moins aisée. Surtout si Cadbury Schweppes ambitionne de préserver les notations des deux structures. Pour mémoire, en marge du BBB- souhaité pour Dr Pepper Snapple, il vise une note de BBB du côté des activités recentrées de Cadbury. Des objectifs qui l’ont d’ailleurs déjà conduit le mois dernier à avertir que la scission ne donnerait pas lieu à une rémunération des actionnaires.
Aujourd’hui, analystes action et crédit se trouvent donc dans l’attente. Et il ne fait pas de doute qu’un ajournement du projet dans l’attente de jours meilleurs devrait peser sur la valorisation, nombre d’experts ayant estimé que le recentrage via deux entités serait créateur de valeur.
Entre les incertitudes et les résultats de février, plusieurs bureaux ont déjà adopté une posture plus prudente ces dernières semaines en abaissant leurs objectifs, tels Citigroup (-5%), Lehman (-2%). Bear Stearns est l’un des derniers en date avec une révision à la baisse de 3,5%.
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