La courbe des taux américaine se pentifie malgré les achats de la Fed
Tandis que le doute s’épaissit sur l’efficacité du second tour d’assouplissement quantitatif de la Fed pour soutenir l’économie des Etats-Unis, la Banque centrale d’outre-Atlantique a commencé lundi son programme de rachat de 600 milliards de dollars. Elle a acheté 7,9 milliards de dollars de Treasuries à 5-7 ans, 4 à 6 milliards étant prévus hier soir sur le secteur de maturités mai 2012-mai 2013.
Mais la divulgation le 4 novembre de ce plan a changé la donne pour les Treasuries qui ont été fortement vendus en dépit des achats de titres par la Fed. Depuis, les taux à 2 ans ont grimpé de 18 points de base (pb) à 0,50%. Les taux à 10 ans se sont tendus de 42 pb à 2,93%. Ceux à 30 ans progressent de 30 pb à 4,36%. Du coup, la courbe des taux s’est davantage pentifiée. Le spread 10-2 ans s’est creusé de 26 pb, à 242 pb, contre un plancher en août de 195 pb. Après un pic à 159 pb le 4 novembre, l’écart de taux 30-10 ans s’est resserré ces derniers jours pour s’établir hier à 142 pb.
Les craintes inflationnistes compensant les effets des achats de Treasuries ou la baisse du dollar affectant la demande pour les actifs américains font partie des théories actuelles expliquant la tension des taux américains. «La volonté de la Fed de soutenir les anticipations inflationnistes des agents économiques pour éviter que leur attentisme ne provoque l’enclenchement d’une spirale déflationniste pourrait rencontrer un trop grand succès, remarque Aurel BGC. C’est au moins ce que semble craindre une partie importante des investisseurs. Selon le courtier, la volonté de reflation à tout prix des Etats-Unis fait fuir les investisseurs d’un marché obligataire jugé cher.
Pour Barclays, en revanche, la remontée des taux s’explique par une réduction des anticipations d’assouplissement quantitatif de la part des investisseurs; les récentes ventes depuis le 3 novembre ont été conduites par la hausse des taux réels et non par les attentes d’inflation.
Le contexte politique, après l'échec de la majorité Obama aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis, pèse aussi sur les Treasuries. En déclarant lundi qu’«une pérennisation des baisses d’impôts» décidées sous l'ère Bush «aurait un effet globalement négatif», Moody’s a jeté de l’huile sur le feu. Et SG CIB s’inquiète que «républicains et démocrates préfèrent se mettre d’accord sur des baisses d’impôts plutôt que de se lancer dans des coupes budgétaires».
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