La Cour des comptes insiste sur la réduction des dépenses
Aux yeux de la Cour des comptes, les objectifs que le gouvernement s’est fixés pour 2013 et 2014 semblent difficiles à atteindre. A l’avenir, l’exécutif devra tailler drastiquement dans les dépenses pour retrouver un niveau d’endettement soutenable.
Lors de la présentation du rapport sur les finances publiques, le premier président de la Cour, Didier Migaud, a rappelé que l’ajustement budgétaire était un enjeu de souveraineté nationale, d’autant que les taux d’intérêts se sont tendus ces dernières semaines et remonteront forcément à terme. En cas de hausse de 1%, la charge d’intérêt pour l’Etat augmente de 2 milliards d’euros l’année suivante, a souligné le magistrat.
La Cour souligne qu’en 2012, la France a connu «un effort très significatif de redressement des comptes». Equivalent à 1,1 point de PIB, il ne s’est traduit que par une réduction limitée du déficit (à 4,8% du PIB) en raison de la faiblesse de la croissance. Et même si les prélèvements obligatoires ont augmenté de 22 milliards d’euros, les dépenses se sont accrues plus vite que prévu. Ce dérapage incombe notamment aux dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales.
Pour 2013, l’effort prévu a été relevé à 1,9 point de PIB afin de ramener le déficit à 3,7%. La Cour prévient cependant que cet objectif risque d’être dépassé et que le déficit pourrait se situer autour de 4% du PIB. Même si les objectifs de dépenses du gouvernement «apparaissent réalisables», il en va autrement des prévisions de recettes.
Non seulement, la croissance risque d’être plus faible que prévu mais les hypothèses d’élasticité des rentrées fiscales par rapport au niveau d’activité économique pourraient avoir été surestimées. Le gouvernement a beau tabler sur un déficit en dessous de la barre des 3% du PIB en 2014, la Cour s’attend, comme la Commission européenne, à ce qu’il n’atteigne cette cible qu’en 2015.
Pour réduire son déficit, la Cour des comptes estime que le gouvernement doit absolument agir sur le niveau des dépenses. Celles-ci représentaient 56,6% de la production nationale en 2012 et placent la France en deuxième place des pays de l’OCDE en la matière derrière le Danemark. Les magistrats recommandent d’agir rapidement, de mettre à contribution tous les acteurs publics, dont les collectivités et les opérateurs de l’Etat, et d’agir sur toutes les dépenses. La Cour insiste notamment sur la maîtrise de la masse salariale.
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise. -
Iliad évince Microsoft du Health Data Hub
Le fournisseur de cloud Scaleway, filiale d'Iliad, a été retenu à l’issue d’un appel d’offres pour l’hébergement des données de santé des Français, à la place de Microsoft. -
La dette privée reste le premier moteur de croissance de Blackstone
Malgré la défiance envers la classe d’actifs, la société d’investissement a attiré 37 milliards de dollars de capitaux dans le crédit au premier trimestre. Soit plus de la moitié de la collecte globale. -
L’automobile chinoise veut asseoir sa prééminence technologique
Xpeng prépare le lancement de sa première voiture volante et de ses robots humanoïdes, tandis que Huawei investit pour améliorer son système de conduite autonome.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie -
EditorialLivreurs à vélo, le prix du « droit à la paresse »
Non content d’inciter à l’inaction individuelle, le logiciel « systémique » de la gauche se fait aussi l’allié objectif de l’« économie de la flemme », en entretenant une vision doloriste du travail et en glorifiant la société du temps libre