La corrélation entre marchés d’actions émergents devrait rester élevée
Les investisseurs qui se sont massivement portés sur les actions des principales économies émergentes avancent des arguments majeurs: le potentiel en termes de croissance et l’effet de décorrélation offert par ces marchés. Mais sur ce dernier point une analyse plus fine s’impose.
La corrélation entre marchés développés et émergents a augmenté de 0,75 en 2000 à près de 0,9 en 2011. Mais le graphique ci-joint montre aussi que la corrélation au sein même des principaux marchés d’actions émergents a nettement progressé depuis le début de la crise tant en niveau qu’en volatilité. Après une phase de corrélations assez stables et modérées de 1998 à 2008, leur niveau a plus que doublé depuis 2009. A ceci quelques explications: d’une part, la croissance de l’ensemble de ces économies a été dopée par les effets du «quantitative easing» et de la baisse du dollar. D’autre part, la situation difficile des pays développés et les risques de double récession ont constamment modifié le niveau d’aversion pour le risque des investisseurs.
Vers quel niveau d’équilibre cette corrélation peut-elle tendre ? Il est vraisemblable qu’une fois les problèmes d’endettement des pays développés devenus moins aigus, elle pourra diminuer à 0,4 ou 0,3. Cette évolution sera facilitée par la mise en place de politiques monétaires plus indépendantes de la part des grands pays émergents et l’avènement d’un nouveau régime de changes. Mais cette corrélation ne devrait pas revenir aux niveaux de 1998-2008, car les marchés émergents sont devenus plus mûrs.
Les investisseurs souhaitant profiter des bénéfices d’une réelle décorrélation sur les marchés d’actions, devront sans doute s’intéresser aux marchés les plus émergents («frontier markets»), souvent moins mûrs, moins liquides, mais qui offrent une réelle capacité de diversification.
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