La Corée du Sud rétablit les ventes à découvert sur son marché actions
La Corée du sud a confiance dans son tissu financier. Les autorités du pays ont autorisé dès aujourd’hui les ventes à découvert sur les actions des institutions financières, levant ainsi une interdiction instaurée en 2008. L’interdiction des ventes à nu sera en revanche maintenue. La Commission des services financiers du pays a indiqué hier que cette mesure était permise par la stabilisation des marchés actions depuis juillet, ainsi que par la volonté des autorités de soutenir les marchés de capitaux domestiques.
Dopé par des afflux nets d’investissements étrangers de quelque 13.900 milliards de wons (10 milliards d’euros), l’indice Kospi s’est envolé de 16% entre fin juin et fin octobre. Il concède néanmoins 5% depuis ce plus haut, avec des retraits nets de capitaux étrangers de 480 milliards de wons.
En outre, le marché des dérivés, un des plus actifs au monde, s’est fortement érodé avec une chute de 70% des contrats traités au premier semestre, contre une hausse mondiale des volumes de 15%. Le poids des dérivés actions a notamment chuté de 15,7% en 2011 à seulement 3,7% fin juin dernier.
«A moins qu’intervienne une situation de panique de même ampleur que la crise de 2008, les ventes à découvert permettront de réduire la volatilité et de doper les volumes», estime Michael Na, analyste chez Nomura. Les actions des institutions financières représentent seulement 12% de la valeur totale du marché actions sud-coréen, avec des volumes moyens quotidiens qui sont tombés à 352,5 milliards de wons au premier semestre, contre 935,2 milliards en 2008. Parallèlement, les résultats des sociétés financières locales ou étrangères basées dans le pays se sont réduits à 565,2 milliards de wons au premier semestre, soit un tiers de ceux enregistrés deux ans auparavant.
Parallèlement, les régulateurs entendent réduire la spéculation sur le marché en renforçant les exigences de transparence sur les positions prises par les vendeurs à découvert. Les investisseurs devront ainsi désormais avertir l’opérateur boursier sud-coréen lorsque leurs positions à découvert dépassent 0,5% des actions en circulation de l’ensemble des sociétés cotées sur le marché domestique. Depuis août 2012, ils devaient déjà se manifester lorsque leurs positions dépassent 0,01% de la valeur totale des titres en circulation d’une société cotée. Des informations qui ne sont cependant pas rendues publiques.
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