La Corée du Sud résiste à la tempête qui bouscule les pays émergents

Le won est repassé au-dessus de ses niveaux de mai contre dollar, alors que l’économie recommence à enregistrer des entrées nettes de capitaux
Patrick Aussannaire

La Corée du Sud tire son épingle du jeu dans la crise que traversent les pays d’Asie. Le won sud-coréen s’est une nouvelle fois apprécié hier de 0,2% pour dépasser ses niveaux d’avant le 22 mai, et même atteindre un plus haut depuis le 28 février contre dollar. Le rebond a cependant été limité par des rumeurs d’intervention de la banque centrale (BoK) sur le marché des changes pour limiter la hausse de la valeur de la devise, faisant ainsi chuter la volatilité implicite à un mois du taux de change de 25 points de base (pb), à 7,45%. Après avoir perdu 6,5% de sa valeur entre début mai et fin juin sur fond d’anticipations du ralentissement des rachats d’actifs de la Fed, le won s’est repris depuis de 7% pour atteindre 1.084,91.

L’appréciation de la devise n’a cependant pas empêché la hausse des exportations d’accélérer à un rythme de 7,7% sur un an en août, après une hausse de 2,6% en juillet. Or, le commerce extérieur pèse à hauteur de 50% dans le PIB sud-coréen. Malgré une inflation contenue à 1,3%, la croissance devrait atteindre 2,8% cette année et 4% en 2014. Signe de la confiance des investisseurs par rapport à nombre de pays asiatiques: l’économie sud-coréenne, classée selon les indices dans les pays développés ou émergents, a enregistré des entrées nettes de capitaux de 4,67 milliards de dollars sur les seules deux dernières semaines.

Dans ce contexte, la BoK a pu maintenir hier ses taux directeurs inchangés à 2,5% pour soutenir l’activité. La présidente Park Geun Hye a lancé un plan de relance budgétaire de 17.300 milliards de wons (12 milliards d’euros) en mai, le même mois qui a vu la BoK baisser ses taux avant de maintenir le statu quo.

Dans le même temps, la banque centrale indonésienne a encore dû procéder hier à une hausse surprise d’un quart de point de ses taux, la deuxième en deux semaines, pour les porter à 7,25% et ainsi tenter de freiner la chute de la roupie, qui a cédé 17% face au dollar depuis mai. Les réserves de change de Djakarta ont fondu à 93 milliards de dollars, un plus bas depuis octobre 2010, du fait des interventions répétées des autorités indonésiennes pour défendre la roupie, et les sorties nettes de capitaux se montent à 1,3 milliard sur les sept derniers mois. La chute de la roupie n’a pas permis d’endiguer l’hémorragie du déficit extérieur indonésien, qui a atteint un record de 2,3 milliards de dollars en juillet, et s’accompagne d’un déficit courant abyssal de 9,8 milliards.

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