La Corée du Sud résiste à la tempête qui bouscule les pays émergents
La Corée du Sud tire son épingle du jeu dans la crise que traversent les pays d’Asie. Le won sud-coréen s’est une nouvelle fois apprécié hier de 0,2% pour dépasser ses niveaux d’avant le 22 mai, et même atteindre un plus haut depuis le 28 février contre dollar. Le rebond a cependant été limité par des rumeurs d’intervention de la banque centrale (BoK) sur le marché des changes pour limiter la hausse de la valeur de la devise, faisant ainsi chuter la volatilité implicite à un mois du taux de change de 25 points de base (pb), à 7,45%. Après avoir perdu 6,5% de sa valeur entre début mai et fin juin sur fond d’anticipations du ralentissement des rachats d’actifs de la Fed, le won s’est repris depuis de 7% pour atteindre 1.084,91.
L’appréciation de la devise n’a cependant pas empêché la hausse des exportations d’accélérer à un rythme de 7,7% sur un an en août, après une hausse de 2,6% en juillet. Or, le commerce extérieur pèse à hauteur de 50% dans le PIB sud-coréen. Malgré une inflation contenue à 1,3%, la croissance devrait atteindre 2,8% cette année et 4% en 2014. Signe de la confiance des investisseurs par rapport à nombre de pays asiatiques: l’économie sud-coréenne, classée selon les indices dans les pays développés ou émergents, a enregistré des entrées nettes de capitaux de 4,67 milliards de dollars sur les seules deux dernières semaines.
Dans ce contexte, la BoK a pu maintenir hier ses taux directeurs inchangés à 2,5% pour soutenir l’activité. La présidente Park Geun Hye a lancé un plan de relance budgétaire de 17.300 milliards de wons (12 milliards d’euros) en mai, le même mois qui a vu la BoK baisser ses taux avant de maintenir le statu quo.
Dans le même temps, la banque centrale indonésienne a encore dû procéder hier à une hausse surprise d’un quart de point de ses taux, la deuxième en deux semaines, pour les porter à 7,25% et ainsi tenter de freiner la chute de la roupie, qui a cédé 17% face au dollar depuis mai. Les réserves de change de Djakarta ont fondu à 93 milliards de dollars, un plus bas depuis octobre 2010, du fait des interventions répétées des autorités indonésiennes pour défendre la roupie, et les sorties nettes de capitaux se montent à 1,3 milliard sur les sept derniers mois. La chute de la roupie n’a pas permis d’endiguer l’hémorragie du déficit extérieur indonésien, qui a atteint un record de 2,3 milliards de dollars en juillet, et s’accompagne d’un déficit courant abyssal de 9,8 milliards.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien