La consolidation de la gestion d’actifs s’accélère en Europe

State Street se renforce dans la gestion active en rachetant la filiale de Bank of Ireland. Le dossier Pioneer, lui, doit aboutir d’ici à fin 2010
Alexandre Garabedian

State Street Global Advisors (SSgA) est le dernier groupe en date à participer à la consolidation du secteur de la gestion d’actifs en Europe. Après des semaines de rumeurs, la firme de Boston a officialisé vendredi le rachat de la filiale de Bank of Ireland, qui gérait 26 milliards d’euros à fin septembre pour le compte de 500 clients institutionnels. La banque irlandaise se plie ainsi à la demande de la Commission européenne, qui la force à des cessions d’actifs en échange des aides publiques de Dublin.

Le géant américain, qui a déjà procédé à deux acquisitions fin 2009 en Europe dans les services titres (Mourant et la filiale d’Intesa), reprend le chemin de la croissance externe dans son pôle asset management pour la première fois depuis le rachat de la gestion passive actions de Gartmore en 2001. L’objectif est cette fois de se renforcer dans la gestion active, spécialité de Bank of Ireland Asset Management (BIAM). Et ce n’est pas fini: Greg Ehret, patron de SSgA en Europe, dit regarder d’autres opportunités d’acquisition, notamment en Irlande.

BIAM ne publie pas de compte détaillés, mais le pôle gestion et services de Bank of Ireland, qui inclut les activités titres, a dégagé 46 millions d’euros de commissions et 16 millions de résultat au premier semestre. A 57 millions d’euros, l’opération devrait être «légèrement relutive» en 2011 hors coûts exceptionnels.

Par rapport aux encours de BIAM, ce prix semble très raisonnable, surtout si l’on considère que le gérant britannique BlueBay, aux actifs équivalents, a fait l’objet la semaine dernière d’une offre à 1,1 milliard d’euros environ de la part du canadien RBC. Il est vrai que les deux sociétés n’ont pas la même trajectoire: la filiale de Bank of Ireland souffre depuis des années de mauvaises performances et de pertes de mandats, alors que le spécialiste britannique du crédit a connu une croissance foudroyante.

Ces deux transactions concentrent les ingrédients qui favorisent la concentration d’un secteur aux marges déclinantes: cessions imposées, diversification vers la gestion active et vers des niches profitables, disparition des acteurs de taille moyenne. Le mouvement va se poursuivre, avec un gros dossier qui devrait aboutir dans les prochaines semaines, l’adossement de Pioneer, la filiale d’UniCredit. Une cible qui intéresse notamment Amundi, BNP Paribas et Natixis AM.

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