La conjoncture pèse sur les résultats trimestriels de Ryanair
Avis de tempête pour Ryanair. La première compagnie européenne low-cost a dégagé à fin décembre 2007, troisième trimestre de son exercice fiscal, un bénéfice net ajusté en repli de 27 % à 35 millions d’euros en raison d’une baisse de près de 5 % de ses tarifs d’hiver. Ce recul exclut un gain exceptionnel de 12 millions provenant de la cession de 5 avions B737-800. Le revenu total par passager a baissé de 4 %, le taux de remplissage est resté stable à 81 % tandis que la marge opérationnelle reculait de 4 points.
Tout en maintenant sa prévision faite à l’automne dernier d’un bénéfice net en progression de 17,5 % à 470 millions pour son exercice à fin mars 2008, Ryanair a averti qu’il y avait une « chance significative » que celui-ci recule durant l’exercice 2008-2009. « Le secteur européen des compagnies aériennes fait actuellement face à une de ces baisses cycliques, avec la possibilité d’une conjonction d'éléments négatifs : des prix pétroliers plus élevés, une demande faible, une livre sterling en baisse et des coûts accrus », précise le communiqué de la compagnie.
Détaillant les différentes hypothèses retenues, la compagnie s’attend, dans le scénario le plus optimiste, à un bénéfice net en hausse de 6 % à 500 millions d’euros au prochain exercice, si le prix moyen du billet reste stable et le brut léger américain redescend à 75 dollars le baril, contre près de 89 dollars actuellement. « Mais dans notre scénario le plus prudent, si le prix du baril reste à 85 dollars et si le moral des ménages et la faiblesse de la livre conduisent à une baisse de 5 % du prix moyen du billet, le bénéfice du prochain exercice pourrait alors reculer jusqu'à 50 % à 235 millions d’euros (hors bénéfices tirés des ventes d’avions) », prévient Ryanair. L’impact sera d’autant plus important que le groupe entend demeurer « essentiellement non couvert pour l’année prochaine », après l’expiration d’une couverture au prix moyen de 65 dollars le baril à fin mars 2008.
Ryanair juge être en meilleure position que la plupart de ses concurrents pour faire face à un marché difficile, prévoyant notamment « des économies importantes dans les coûts aéroportuaires ». La compagnie souligne vouloir consacrer jusqu'à 200 millions d’euros à des rachats de titres, ce qui représenterait environ 3 % de son capital. Il n’en reste pas moins que l’action a plongé de 2,62 % hier suite à des perspectives jugées peu réjouissantes.
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