La conjoncture en zone euro accentue la pression sur la BCE
La contraction de l’activité dans la zone euro se confirme au deuxième trimestre. L’indice PMI des directeurs d’achat pour juin ne donne aucun signe d’amélioration par rapport au mois de mai. Publié hier, il ressort à 46, un niveau identique au plus bas de 35 mois enregistré en mai. Un score inférieur à 50 marque une contraction de l’activité. Ces derniers chiffres correspondent à un repli de 0,2 à 0,3% de l’activité au deuxième trimestre par rapport au premier. Le PMI de la zone euro signale une «rechute en récession», estime Peter van den Houte, économiste chez ING. En France, l’indice est toujours inférieur à 50 mais, à 46,7, il figure à son plus haut niveau depuis trois mois.
Deux éléments particulièrement négatifs ressortent de l’enquête auprès des directeurs d’achat. D’abord, l’Allemagne chute à son tour. A 48,5, le PMI sur l’activité globale recule pour le deuxième mois consécutif et enregistre son plus fort taux de contraction depuis 3 ans, souligne Markit qui publie l’indice. «Avec un PMI en Chine en dessous de la barre de 50 pour le huitième mois consécutif, il semble que les exportations, qui sont le moteur de l'économie allemande, commencent à toussoter», ajoute l'économiste d’ING.
Ensuite, le troisième trimestre s’annonce difficile, alors que, jusqu’ici certaines institutions comme la BCE tablaient sur un rebond de l’activité. L’optimisme des prestataires de services quant à leurs perspectives d’activité à 12 mois enregistre son repli le plus fort depuis octobre 2008.
La politique monétaire de la BCE devra intégrer cette dégradation des perspectives si elle se confirme. Début juin, l’institution de Francfort a anticipé un léger recul de l’activité au deuxième trimestre, suivi d’une stabilisation dès l'été, rappellent les économistes d’UniCredit. «Ceci suggère que les discussions sur une baisse de taux vont s’animer à la réunion de juillet, avec davantage de membres demandant un assouplissement de la politique monétaire conventionnelle», ajoute Marco Valli, chef économiste d’UniCredit pour la zone euro. Benoît Coeuré, membre du conseil de la BCE, a d’ailleurs admis que le sujet serait sur la table.
Pour ING, la BCE pourrait réagir, les décisions politiques prenant du temps à mettre en place. Plutôt que sur son taux directeur, elle pourrait décider des injections de liquidités supplémentaires, estime Peter vanden Houte.
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