La confiance des CGPI atteint son plus bas niveau depuis cinq ans

Plus d’un quart des conseillers estiment que leur profession se porte mal. La collecte brute moyenne a chuté sur un an de 3,2 à 2,8 millions d’euros
Virginie Deneuville

Les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) «ont une vision lucide de leur marché», a estimé Hervé Cazade, responsable de la distribution et du développement commercial France de BNP Paribas Cardif, à l’occasion de la sortie du baromètre annuel sur le secteur réalisé avec TNS Sofres. Et cette lucidité, dans le contexte économique actuel, passe par une nette chute de la confiance.

Si 71% des CGPI estiment que leur profession se porte bien (contre 86% un an plus tôt), 27% d’entre eux (contre 12% l’an passé) expriment la vision inverse, un niveau jamais atteint depuis la création du baromètre il y a cinq ans. En 2009, après la faillite de Lehman Brothers, ce pourcentage atteignait 17%. Dans le cadre du dernier sondage réalisé entre le 24 mai et le 14 juin 2012, 2% du panel, composé de 500 conseillers, n’ont pas souhaité s’exprimer.

La collecte brute moyenne par cabinet sur 2011 a chuté sur un an de 3,2 millions à 2,8 millions d’euros, retrouvant son plus bas niveau, atteint en 2009. Alors que deux CGPI sur cinq ont observé une réduction des flux d’épargne au cours des douze derniers mois (contre un sur cinq un an plus tôt), les anticipations de collecte se tendent.

Près d’un quart (24%) des conseillers prévoient un recul de leur collecte brute en 2012, contre 9% lors du précédent baromètre. Parmi ces pessimistes, 62% anticipent toutefois une baisse «modérée». «Les clients sont plus prudents. Il existe de vraies interrogations sur la fiscalité», a indiqué Frédéric Chassagne, directeur du département planning stratégique de TNS Sofres. «Nous voyons poindre le côté sécurité, des flux d’épargne partant vers des remboursements immobiliers», a poursuivi Hervé Cazade.

En dépit d’un contexte difficile, 23% des conseillers ont réalisé des recrutements cette année, un niveau stable par rapport à l’année précédente. Ce pourcentage était tombé à 19% en 2009. Par ailleurs, 89% du panel a indiqué avoir capté de nouveaux clients, dont 23% de «façon assez importante», ces chiffres se comparant à des pourcentages respectifs de 88% et 32% lors du précédent baromètre. La part des nouveaux clients issus des réseaux de la banque de détail a chuté sur un an de 57% à 46%, tandis que le bouche-à-oreille est passé d’une part de 14% à 20%. Cela représente un triplement en deux ans.

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