La Commission poursuit ses travaux sur la prévention et la résolution des crises bancaires
La Commission européenne consulte sur les meilleurs moyens de gérer les crises bancaires. Ses services ont publié la semaine dernière un document de travail qui se concentre sur les mécanismes permettant d’appliquer des décotes ou de convertir en actions certaines catégories de créances des banques en difficultés. Ces mécanismes dits de «bail-in» doivent permettre, au mieux, d’assainir les finances de l’établissement pour qu’il puisse poursuivre son activité.
La réflexion sur ce sujet épineux a débuté au niveau européen en 2010 avec une communication de la Commission proposant un cadre général de gestion des crises bancaires. Ce cadre général est censé éviter que les crises bancaires ne se propagent et ne soient in fine résolues avec l’argent des contribuables. Bruxelles devrait finaliser sa proposition définitive avant le G20 qui se tiendra en juin.
Pour les services de la Commission, le «bail-in» doit permettre aux autorités de gérer très rapidement une crise bancaire alors qu’il peut être long de diviser en deux une banque en difficulté pour isoler les actifs pourris ou de s’assurer qu’elle soit rachetée par une institution saine. Le bail-in doit aussi permettre de traiter aussi équitablement que possible actionnaires et créanciers censés absorber les pertes de l’établissement en déroute.
Dans leur consultation les services de la Commission s’enquièrent de la façon dont pourraient être précisément utilisés les outils de bail-in. Ainsi, les créanciers pourraient être mis à contribution soit pour absorber les pertes de l’établissement et le recapitaliser (going concern), soit pour aider à la liquidation d’une partie de la banque qui aurait été divisée en deux.
Les services de la Commission interrogent ensuite sur les créances qui pourraient être mises à contribution. Ils proposent notamment d’exclure les dettes de maturité inférieure à un mois, les dettes sécurisées, les repos ou encore les dettes dues à un fournisseur de services essentiels à l’activité de la banque en question. Bruxelles propose ensuite deux schémas pour appliquer les décotes et la conversion en capital aux différentes catégories de créanciers.
Ce document ne permet pas de préjuger de la position finale de la Commission. Et, selon les analystes de Morgan Stanley, il manque de clarté sur le calendrier de mise en place du bail-in et l’introduction de «clauses de grand-père».
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France