La Commission européenne a désormais son comité «Vickers»

Louis Gallois fait partie des neuf membres de ce groupe de haut niveau censé réfléchir aux possibles réformes de la structure du secteur bancaire
Florence Autret, à Bruxelles

Michel Barnier a dévoilé hier la composition du «groupe de haut niveau sur les possibles réformes de la structure du secteur bancaire» dont il avait annoncé la mise en place fin 2011. Sous la présidence d’Erkki Liikanen, actuel gouverneur de la Banque de Finlande, et ancien commissaire européen, huit personnalités devront rendre à la fin de l’été leurs recommandations au commissaire au Marché intérieur sur l’opportunité d’agir sur les structures du secteur bancaire. Le terme est vague mais l’esprit de la mission est très proche de celui de l’Independent Commission on Banking (ICB), créée en juin 2010 par le gouvernement britannique et présidée par John Vickers. Ses recommandations, qui appellent à isoler les activités de banque de détail du reste afin de circonscrire les risques, ont fait grand bruit outre-Manche.

L’ICB comptait cinq membres. Le groupe de haut niveau européen en a neuf, dont trois anciens banquiers : l’Italien Alessandro Profumo, qui a quitté la direction d’UniCredit en 2010 après treize années, la Britannique Carol Sergeant, ancien chef de la gestion des risques chez Lloyds entre 2004 et 2010, actuellement au Trésor, et Herman Wijffels, ancien patron de Rabobank et directeur général de la Banque mondiale.

Le groupe comprend deux autres économistes : Jan Pieter Krahnen, allemand, occupe la chair de finance d’entreprise à l’université de Francfort, et José Manuel Campa, ancien secrétaire d’Etat aux finances espagnol, diplomé de Harvard. Monique Goyens, belge, est directrice générale du bureau européen des associations de consommateurs et membre du conseil d’administration de Finance Watch. Zdenek Tuma, tchèque, est directeur chez KPMG mais a été gouverneur de la Banque centrale de son pays pendant dix ans. Michel Barnier a choisi, côté français, un homme de l’industrie : Louis Gallois, en passe de quitter la présidence exécutive d’EADS.

Le mandat du groupe, formulé avec prudence, consiste à «considérer en profondeur s’il y a un besoin de réformes structurelles du secteur bancaire ou non et… faire toute proposition appropriée dans le but d’établir un système bancaire sûr, stable et efficace servant les besoins des citoyens, l’économie de l’Union européenne et le marché intérieur». Les experts, qui participent aux travaux en leur qualité personnelle, devront tenter de «réduire l’aléa moral» en rendant «viable l’option d’une sortie du marché y compris pour les institutions les plus grandes et complexes».

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