La commission des sanctions de l’AMF juge l’affaire Doubl'ô prescrite
Natixis AM et quatre Caisses d’Epargne l’ont échappé belle. Début avril, le représentant du collège de l’Autorité des marchés financiers avait requis des amendes de 1 à 1,5 million d’euros contre ces derniers, au motif qu’ils n’auraient pas respecté leurs obligations professionnelles lors de la commercialisation de six fonds à formule «Doubl’ô» et «Doubl’ô Monde». Mais la commission des sanctions a estimé que les faits étaient prescrits car elle ne peut être saisie de faits remontant à plus de trois ans.
Les fonds ont cessé d’être commercialisés en avril 2002. Or ce n’est qu’en octobre 2008 que le secrétaire général adjoint de l’AMF a ouvert des procédures de contrôle. Le représentant du collège avait soutenu que les faits n’étaient pas prescrits car les souscripteurs des fonds ne pouvaient pas juger de la conformité de la publicité qui leur avait été faite avant l'échéance des fonds. Il avait appuyé son raisonnement sur une décision de la cour d’appel de Paris.
La Commission des sanctions reconnaît qu’il «peut effectivement arriver que le souscripteur d’un fonds à formule ne s’aperçoive que tardivement, voire même au moment de l’échéance […] du décalage entre l’information qu’il a reçue et la performance financière réalisée». Mais elle estime que «cette circonstance ne saurait suffire à justifier, s’agissant, non d’un délit pénal, mais d’un manquement instantané et objectif, un report du point de départ de la prescription».
Surtout, la Commission juge qu’«il serait artificiel de subordonner l’action de l’AMF à la prise de conscience» des investisseurs. Selon la Commission, les faits objets des griefs n’étaient pas dissimulés. Celle qui était alors la Commission des opérations de bourse (COB) aurait très bien pu les constater – à supposer qu’ils étaient avérés – lors d’un contrôle avant ou après la commercialisation du produit.
«Cette décision est tout à fait intéressante sur l’analyse du point de départ du délai de prescription de trois ans. Elle vient bien préciser qu’il se situe au moment des faits», se félicite Marc Henry, avocat au cabinet Hugues Hubbard et représentant des Caisses d’Epargne dans cette affaire. Dans sa décision, la commission des sanctions n’a pas souhaité citer Natixis AM autrement que par «la société X». Une démarche qui peut s’expliquer par le fait que Natixis AM n’a absorbé Ecureuil Gestion, qui a structuré les fonds, qu’en 2010.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France