La collecte des gérants d’actifs européens est demeurée soutenue au troisième trimestre
Les flux entrants dans les OPCVM atteignent 405 milliards d’euros depuis le début de l’année, contre 178 milliards l’an dernier à la même époque.
Publié le
Julien Beauvieux
Malgré les incertitudes macro-économiques et géopolitiques, qui ont induit en septembre les premières sorties de capitaux de l’année dans les fonds actions, la collecte nette des OPCVM européens a de nouveau dépassé les 125 milliards d’euros au troisième trimestre. Depuis le début de l’année, les gérants d’OPCVM ont ainsi capté 405 milliards d’euros, contre seulement 178 milliards sur la même période de 2013, souligne dans l’Association européenne de la gestion d’actifs (Efama) dans son dernier rapport trimestriel.
«La demande en direction des fonds obligataires et des fonds équilibrés est demeurée robuste durant le trimestre, alors que la BCE a réduit ses taux à des plus bas historiques et qu’elle a annoncé de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire», remarque l’Efama. Dans un contexte de craintes déflationnistes, les OPCVM obligataires ont encore attiré 47 milliards d’euros sur le trimestre, portant à 165 milliards la collecte depuis le début de l’année. Les fonds équilibrés ont quant à eux reçu 152 milliards d’euros depuis janvier.
Si les incertitudes ont conduit à un «retournement des flux» en faveur des fonds monétaires au troisième trimestre, le contexte de taux d’intérêts très bas continue de peser sur leur collecte, qui atteint à peine 5 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année.
Grâce à des environnements fiscaux et réglementaires leur permettant de bénéficier à plein de l’essor de la distribution transfrontalière, encouragée par la directive OPCVM, les fonds domiciliés au Luxembourg et en Irlande sont sans surprise en tête du palmarès de collecte. Les fonds luxembourgeois, dont les encours ont dépassé pour la première fois les 3.000 milliards d’euros en septembre, ont ainsi drainé 63,6 milliards d’euros sur le dernier trimestre. Ils ont pour l’heure trusté 47% de la collecte nette de l’année, contre 23% pour les fonds irlandais.
Handicapés par leur spécialisation dans les fonds monétaires, les OPCVM français ont pour leur part subi une décollecte de 2,1 milliards d’euros depuis le début de l’année. Hors fonds monétaires, la collecte atteint 2,56 milliards d’euros. Après une année 2013 encore difficile, cette évolution n’est cependant pas de nature à renverser l’érosion de la part de marché de la France dans la domiciliation des fonds.
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