La CNCE prend le contrôle total de Banque Palatine

Quatre ans après son entrée au capital, l’Ecureuil devient unique propriétaire de sa filiale dédiée au financement des PME. Une opération payée 330 millions d’euros
Réjane Reibaud

La Caisse nationale des Caisses d’Epargne (CNCE) a racheté à l’ex-Sanpaolo IMI (devenu Intesa Sanpaolo) la participation de 40 % qu’elle détenait encore dans Banque Palatine, sa filiale de financement des PME. Selon une source proche de l’établissement français, Intesa Sanpaolo a profité d’une fenêtre ouverte en décembre dernier par le pacte d’actionnaire pour exercer son option de vente. Le tout pour 330 millions d’euros. Selon cette même source, le transfert des actions est en cours. « Cela devrait se faire avant la fin du premier trimestre 2008 », a confirmé à L’Agefi une porte-parole de la CNCE.

Le prix de cession était fixé depuis 2003, année où l’organe de contrôle des Caisses d’Epargne est entré dans le capital de Banque SanPaolo à hauteur de 60 %. Celle-ci était valorisée 840 millions d’euros. Elle a réalisé en 2006 un produit net bancaire de 230 millions d’euros et compte 63 agences pour 5.000 clients entreprises et 100.000 clients particuliers.

Même si la dépense était prévue de longue date, reste à savoir comment les Caisses d’Epargne vont la financer. Pour rappel, les 60 % initiaux, soit l'équivalent de 510 millions d’euros, ont été payés en numéraire et financés sur les fonds propres du groupe. Les temps ont cependant bien changé depuis la conclusion de l’accord. Contraint de débourser sept milliards d’euros auprès de la CDC en 2005 pour permettre la création de Natixis avec les Banques Populaires, le groupe Caisse d’Epargne voit depuis ses fonds propres faire l’objet de toutes les attentions.

Le groupe a en effet été surpris par la crise du subprime l’an dernier. Il a dû s’engager à sortir 500 millions d’euros pour recapitaliser CIFG, la filiale américaine de rehaussement de crédit de Natixis, avec une rallonge prévue à 1 milliard d’euros en cas de besoin. Même si l’impact de cette opération sera nul sur les fonds propres – elle est financée à l’aide de titres hybrides touchant uniquement le ratio Tier two et non pas Tier one (ratio des fonds propres durs) – elle arrive à un moment difficile. L’activité dans la banque de détail est en ralentissement sur les neuf premiers mois de l’année et le duopole de la distribution du Livret A qu’elle assure avec La Poste doit prendre fin cette année. Et si l’Ecureuil se dit bien capitalisé avec un ratio Tier one de 8,7 %, ce chiffre est inférieur à l’objectif de 9 % qu’il s’est engagé à tenir pour 2007.

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