La City se tourne vers le yuan pour conforter sa stature de place financière mondiale

Les banques britanniques feraient pression sur la banque centrale pour obtenir de son homologue chinoise un assouplissement des règles sur le yuan
Patrick Aussannaire

La City organise sa mue pour conserver sa domination financière menacée. Londres a maintenu son rang de première place financière mondiale, selon l’indice des centres financiers publié par le Financial Times et réalisé par le groupe de réflexion «Z/Yen Group». «Londres, New York, Hong Kong et Singapour forment l’axe qui restera dominant sur le marché international », indique ainsi Stuart Fraser, le président du comité municipal de la City de Londres. Notons que si les places de Dublin, Milan, Madrid, Lisbonne et Athènes ont toutes vu leur position s’éroder dans le classement, Frankfort et Paris ont gagné respectivement deux et trois places.

«Londres a légèrement reculé au plus haut du débat sur la crise financière. Il existait alors un pessimisme sur l’avenir de la City, mais depuis nous entrevoyons un léger rebond. Ses forces sont claires: l’étendue et la profondeur de l’offre, son ouverture à tout le monde ainsi qu’une agglomération largement établie» estime Stuart Fraser. Le refus du Premier ministre David Cameron de signer le nouveau traité européen afin que la City soit épargnée de toute réglementation européenne a fait craindre un affaiblissement de la position de la City.

Pour y remédier, la City prévoit un redéploiement géographique stratégique. George Osborne a signé lundi dernier un accord avec Hong Kong pour faire de Londres un centre étranger de transaction du yuan alternatif à Hong Kong. Les banques britanniques feraient pression sur la BoE pour qu’elle trouve un accord avec son homologue chinoise visant à assouplir les règles pour les transactions en yuan par les banques étrangères incluant notamment des accords de «swap», selon la Wall Street Journal. Le patron de Standard Chartered, Peter Sands, a d’ailleurs déclaré à Bloomberg qu’il espérait que Londres puisse devenir dès cette année un centre offshore où les sociétés pourraient lever des fonds libellés en yuan. « En tant que pont vers l’Ouest, Londres est une place naturelle», estime-t-il.

Le recul des places chinoises de Shanghai, Pékin et Shenzhen dans le classement montrent l’intérêt stratégique accordé aux places «offshore» dans les transactions en yuan. «Les investisseurs interrogés deviennent conscients des restrictions sur le change et pour ces raisons, ils préfèrent traiter avec les places de Hong Kong et Singapour plutôt qu’avec celles des villes chinoises» explique Mark Yeandle, directeur de l’enquête «Z/Yen Group».

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