La City affiche sa neutralité dans le débat politique britannique
Nous ne sommes pas travaillistes, nous ne sommes pas conservateurs». C’est en ces termes que Mark Boleat, le président du comité des politiques de la City of London Corporation, a tenu à définir jeudi dernier devant un parterre de journalistes étrangers la neutralité politique de cet organisme.
L’issue du scrutin du 7 mai, qui promet d’être l’un des plus serrés jamais connus dans une élection législative outre-Manche, sera donc accueillie par l’organisme en charge du Square Mile avec une même ouverture d’esprit : «nous n’éprouvons aucune difficulté à travailler avec l’un ou l’autre des partis politiques en présence car il est du devoir de chaque parti politique de ne commettre aucun dommage», a-t-il indiqué.
L’éventualité d’une accession du travailliste Ed Miliband au poste de Premier ministre ne ferait donc l’objet d’aucune inquiétude de la part du quartier des affaires de Londres : «le parti travailliste soutient la poursuite de la croissance de l’économie britannique et la création de nouveaux emplois». Le président du comité convient néanmoins que certaines prises de positions politiques pourraient avoir un impact sur le devenir de Londres dans l’échiquier mondial des places financières. En particulier l’épineuse question du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni dans l’Union européenne que l’actuel premier ministre conservateur David Cameron s’est engagé à organiser sous deux ans en cas de victoire aux élections. «Le thème du référendum n’apparaît pas au sommet de la liste des priorités dans les programmes électoraux, de peur probablement que le parti Ukip n’en tire un bénéfice, note Mark Boleat. La communauté des affaires a exprimé à plusieurs reprises sa réticence face à l’éventualité d’un départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Sur le fond, je pense que notre niveau d’engagement auprès des organisations de l’Union européenne n’a pas été suffisant».
Interrogé sur le maintien de la taxe bancaire (bank levy) annoncée par les principaux partis politiques outre-Manche, le représentant de City of London Corporation a renvoyé la balle aux pouvoirs publics. «La bank levy est une taxe et le gouvernement doit être conscient des implications d’une telle mesure. De ce point de vue, la décision de HSBC d’étudier la possibilité d’un déménagement de son siège londonien est parfaitement appropriée», a-t-il conclu.
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