La chute du yen accrédite à court terme la stratégie monétaire de la BoJ
Changement de cap ou nouveau rideau de fumée? Les minutes de la réunion du comité de la Banque du Japon des 23 et 24 janvier derniers publiées ce matin indiquent que sa décision surprise d’étendre son programme de rachat d’actifs de 10 milliards de yens, à 65 milliards, et de fixer un objectif clair d’inflation de 1% à court terme a été soigneusement préparée. Certains membres estimaient déjà fin janvier qu’il était nécessaire «de suivre de près si la persistance de la force du yen va exercer des pressions à la baisse sur le marché action et la confiance, et donc sur l’activité économique». Les minutes révèlent également une pression accrue exercée par le gouvernement. Les représentants qui siègent aux réunions de la BoJ en tant qu’«observateurs» exigeant qu’elle prenne des «mesures décisives» pour assurer la stabilité à court terme et sortir l’économie de la déflation.
Son gouverneur, Masaaki Shirakawa, a rappelé ce matin que la banque centrale «va continuer de conduire un puissant assouplissement monétaire avec dans le viseur l’objectif de prix à moyen-long terme». Jupiter AM estime «l’inflation comme étant un élément clé pour les actions japonaises». L’indice Nikkei progressait de 1,7% ce matin, soit une hausse de plus de 11% depuis le début de l’année, contre 8% pour le S&P 500. «Un retour à l’inflation aiderait à affaiblir le yen et donc à inciter les investisseurs à passer des obligations d’Etat aux actions» ajoute Jupiter AM.
Cette nuit, le dollar a touché un plus haut de plus de trois mois à 79,18 contre yen, et se rapproche des 79,51 atteints en octobre dernier suite à l’intervention de la BoJ sur le marché des changes. Un seuil psychologique test pour les cambistes. Signe encourageant: le «risk reversal» mesurant la différence entre option d’achat et de vente sur les trois prochains mois est tombé à -0,39, indiquant les plus fortes anticipations de baisse du yen depuis octobre 2003.
Mais à moyen terme, les investisseurs restent sceptiques sur la capacité de la BoJ d’atteindre ses objectifs. Si BNP Paribas estime que l’annonce de la BoJ «a conduit à un changement de la vision des marchés sur le yen», la banque «ne croit pas que cette décision en elle-même est suffisante pour renverser la tendance». Le yen s’est apprécié de 46% depuis août 1998. De plus, 19 des 21 économistes interrogés par Bloomberg doutent de la capacité de la BoJ à atteindre son objectif d’inflation de 1%.
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