La chute du marché actions japonais met la pression sur la BoJ
Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour les marchés japonais. Après avoir été la star mondiale sur 2013 avec une hausse record depuis 1972 de 57%, l’indice Nikkei enregistre une correction sévère de 13,4% depuis le début de l’année. Dans un contexte marqué par une perte de valeur des actions mondiales de 2.900 milliards de dollars sur fond de crise des pays émergents, de tapering de la Fed et de ralentissement de la croissance chinoise, le marché nippon fait figure d’épouvantail.
La baisse de l’indice S&P 500 a été limitée à 6% depuis le début de l’année, celle de l’Euro Stoxx à 5%. Les indices japonais sous-performent même l’Ibovespa brésilien et le Hang Seng hongkongais, en retrait respectivement de 10% et 8% sur 2014.
Sur la seule séance de lundi, le Nikkei a chuté de 4,18% pour tomber à 14.008,47 points, son plus faible niveau depuis près de quatre mois. Et ceci malgré des taux d’intérêt réels qui s’enfoncent en territoire négatif. Avec la hausse du niveau d’inflation au Japon, cumulée à la chute du rendement des obligations d’Etat à 10 ans de 13 pb depuis le début de l’année, à 0,60%, les taux d’intérêt réels ont chuté à -100 pb. Une tendance qui devrait pourtant pousser les investisseurs vers les actifs plus risqués, tels que les actions.
«La dernière fois que le Nikkei s’échangeait en dessous du seuil de 14.000 points, le cours du dollar-yen était sous les 97, et la corrélation entre la parité et le marché actions est suffisamment forte pour en faire un objectif avec la réduction des positions courtes sur le yen», explique SG CIB. La fuite vers la qualité a déjà conduit à une appréciation du yen de 4% contre dollar depuis début janvier, à 101,3. La hausse atteint 6% contre euro, 5,5% contre la livre sterling, et même 7% contre le real brésilien, 5% contre la roupie indienne et 11% contre le rouble.
Dans ce contexte, le discours prononcé demain par le directeur adjoint de la BoJ, Kikuo Iwata, sera l’occasion d’avoir le point de vue de l’autorité, avant sa prochaine réunion des 17 et 18 février, sur ces évolutions qui viennent contrecarrer ses objectifs. Si Kikuo Iwata optait pour un discours accommodant, «un renforcement du programme de rachats d’actifs deviendrait plus réaliste», estime Citigroup. Parnassus Investment Strategies évoque notamment la posssibilité d’une augmentation des rachats d’ETF pour maintenir le Nikkei au-dessus du seuil symbolique des 14.000 points.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français