La chute du commerce extérieur chinois menace les objectifs de Pékin
Les facteurs de soutien à la croissance chinoise tombent les uns après les autres. Les exportations chinoises ont chuté de 15% sur un an en mars après une hausse équivalente sur les deux premiers mois de l’année, soit un ralentissement à 4,6% sur le premier trimestre après +8,5% au trimestre précédent. L’excédent extérieur est ainsi tombé à 3,1 milliards après le record de 60,6 milliards enregistré en février, avec un freinage de la chute des importations à 12,6% sur un an, après -20% sur janvier et février.
Pourtant «la forte baisse du prix des matières premières continue de soutenir les termes de l’échange chinois, et contribue ainsi positivement à l’excédent extérieur», estime RBS. La banque ajoute même que sans cet effet, la Chine aurait enregistré un déficit d’environ 10 milliards de dollars en mars.
Si ces chiffres restent très volatils et ont été impactés en mars par le nouvel an chinois, Barclays précise que «les derniers indicateurs suggèrent une demande externe relativement stable mais une demande domestique faible, l’économie faisant ainsi face à des risques cycliques à la baisse à court terme». Le consensus Bloomberg table sur un nouveau ralentissement de la croissance du PIB chinois à un rythme de 7% sur un an au premier trimestre en ligne avec l’objectif de Pékin sur 2015, après celle de 7,3% enregistrée aux deux derniers trimestres 2014. «Les risques les plus importants pesant sur les perspectives de croissance à court terme proviennent de la correction du marché immobilier et du poids élevé de la dette des collectivités locales» qui pénalisent le niveau d’investissement, ajoute Barclays.
Les ventes de logements et mises en chantier se sont contractées à un rythme de 18% et 20% sur les mois de janvier et février. Pékin pourrait en outre prendre des mesures de soutien du marché, telles que des baisses d’impôts, la levée des restrictions à l’achat de logements et des règles encadrant le crédit hypothécaire ainsi que des incitations à la reconstruction dans les bidonvilles et pour attirer les capitaux privés, selon la presse locale.
Outre de nouvelles baisses de taux directeurs et du ratio des réserves obligatoires attendues de la part de la PBOC, Barclays prévoit la mise en place de swaps, une extension des maturités de dette des collectivités et une accélération des investissements publics dans le cadre du projet de constructions d’infrastructures «One Belt One Road» de 60 milliards de dollars.
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