«La chute des prix du pétrole recèle un risque pour l’inflation»
- L’Agefi : Que retenez-vous de la réunion de la Banque centrale européenne ?
- Jean-Luc Proutat : Trois choses. D’abord et sans surprise, la révision en baisse des prévisions de croissance et d’inflation. En zone euro, la hausse des prix anticipée pour 2015 n’est plus que de 0,7%, ce qui éloigne évidemment la Banque de son objectif officiel (2%) et l’incite à toujours plus de stimulation monétaire. A cet égard, et c’est le deuxième point, ceux qui attendaient un signal fort en faveur d’achats de titres de dette publique (QE) ont pu être déçus. Le président, Mario Draghi a confirmé l’absence d’unanimité du conseil sur ces sujets, et renvoyé à «début 2015» la décision concernant un éventuel renforcement des mesures déjà prises. Le temps pour la BCE d’en évaluer les effets, mais aussi d’intégrer les conséquences de la chute des prix du pétrole. Ce dernier point est jugé plutôt positif. Mais il recèle le risque que le recul de l’inflation se poursuive et pèse, par un effet de «second tour», sur les salaires. Le ralentissement de la hausse des prix des services est, à cet égard, surveillé de très près.
- Pensez-vous que la BCE sera obligée de recourir à un QE souverain ?
- Tout dépendra de l’évolution de la taille du bilan de la BCE mais aussi et surtout de la réponse du crédit. Or, concernant les opérations de prêts ciblées à long terme (TLTRO), Mario Draghi a souligné un point fondamental : elles permettent, au-delà des montants engagés, d’allonger la maturité des ressources dont disposent les banques pour prêter, ce qui peut avoir des effets très positifs. Reste une demande atone. Mais, concernant celle-ci, les enquêtes sont plutôt encourageantes.
{"title":"","image":"81726»,"legend":"Panel Taux»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATUne crise énergétique après l’autre
La dernière crise d’approvisionnement en énergie remonte à peu, lors du début de la guerre en Ukraine, qui avait provoqué l’arrêt des importations de gaz et pétrole russes. -
PARTENARIATLes marchés sous tension face au choc géopolitique
Alors que l’année 2026 avait démarré sous les meilleures auspices pour les marchés européens, la guerre en Iran et l’envolée du prix du pétrole sont venues rebattre les cartes pour les investisseurs. La zone conserve toutefois de solides atouts. -
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Kone annonce le rachat de TK Elevator pour 29,4 milliards d'euros
L'industriel spécialiste des ascenseurs et escaliers mécaniques a indiqué mercredi 29 avril l'acquisition de son concurrent allemand TK Elevator auprès d'Advent et Cinven. L'opération en cash et en actions donnerait naissance à un groupe de 20,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. -
L’ACPR suspend le courtier Jacques Pilliot pour un différend concernant des contrats d’assurance automobile
Le dirigeant du courtier Pillot assurances est suspendu à titre conservatoire par l’Autorité de contrôle prudentiel. -
Altice France, en négociations exclusives, passe sous le seuil des 10 milliards d’euros de revenus
Altice France, maison mère de SFR, engagée dans des négociations exclusives pour être rachetée par les trois autres opérateurs, a vu ses ventes reculer de 8,4% sur l’année 2025.
ETF à la Une
AllianzGI lance ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Mali : la France appelle ses ressortissants à quitter le pays « dès que possible »
Après une série d’attaques coordonnées au Mali, Paris recommande aux Français présents dans le pays de prévoir un départ temporaire. Le Quai d’Orsay évoque une situation sécuritaire « extrêmement volatile » -
TribuneRafaël Amselem : « L’économie de marché est une des conditions de la liberté »
« En s’attaquant à un ennemi quelque peu imaginaire, celui d’une France supposément ultra-libérale, la gauche s’enlise doublement : elle refuse de traiter le réel économique du pays et elle refuse de traiter le réel institutionnel de l’Etat. » -
La métropole Aix-Marseille refuse de voter son budget et se place sous tutelle pour « envoyer un message à l’Etat »
Faute de pouvoir présenter un budget à l’équilibre, les élus de la métropole Aix-Marseille-Provence ont retiré le texte de l’ordre du jour, le 28 avril. Une décision rare, qui va obliger le préfet et la chambre régionale des comptes à proposer un budget alternatif. Une procédure qui s’apparente à une mise sous tutelle