«La chute des prix du pétrole recèle un risque pour l’inflation»

Jean-Luc Proutat, responsable des économies de l’OCDE à la direction des études économiques de BNP Paribas
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Que retenez-vous de la réunion de la Banque centrale européenne ?

- Jean-Luc Proutat : Trois choses. D’abord et sans surprise, la révision en baisse des prévisions de croissance et d’inflation. En zone euro, la hausse des prix anticipée pour 2015 n’est plus que de 0,7%, ce qui éloigne évidemment la Banque de son objectif officiel (2%) et l’incite à toujours plus de stimulation monétaire. A cet égard, et c’est le deuxième point, ceux qui attendaient un signal fort en faveur d’achats de titres de dette publique (QE) ont pu être déçus. Le président, Mario Draghi a confirmé l’absence d’unanimité du conseil sur ces sujets, et renvoyé à «début 2015» la décision concernant un éventuel renforcement des mesures déjà prises. Le temps pour la BCE d’en évaluer les effets, mais aussi d’intégrer les conséquences de la chute des prix du pétrole. Ce dernier point est jugé plutôt positif. Mais il recèle le risque que le recul de l’inflation se poursuive et pèse, par un effet de «second tour», sur les salaires. Le ralentissement de la hausse des prix des services est, à cet égard, surveillé de très près.

- Pensez-vous que la BCE sera obligée de recourir à un QE souverain ?

- Tout dépendra de l’évolution de la taille du bilan de la BCE mais aussi et surtout de la réponse du crédit. Or, concernant les opérations de prêts ciblées à long terme (TLTRO), Mario Draghi a souligné un point fondamental : elles permettent, au-delà des montants engagés, d’allonger la maturité des ressources dont disposent les banques pour prêter, ce qui peut avoir des effets très positifs. Reste une demande atone. Mais, concernant celle-ci, les enquêtes sont plutôt encourageantes.

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