La chute des exportations menace la reprise au Japon

En baisse de 8,1% en juillet, les exportations nippones ont connu leur plus fort déclin depuis début 2012. En cause : la crise en Europe et le ralentissement chinois
Olivier Pinaud

Il y avait déjà la crise en Europe. Il y a maintenant le ralentissement de l’activité en Chine. Les exportations japonaises ont connu en juillet leur plus fort déclin des six derniers mois. Il atteint 8,1% par rapport à juillet 2011. La médiane des estimations des économistes interrogés par Reuters laissait entrevoir un repli de 2,9% seulement. Le déficit mensuel de la balance commerciale japonaise ressort ainsi à 517,4 milliards de yens (5,24 milliards d’euros), soit près de deux fois plus qu’attendu par le marché.

Les économistes n’avaient visiblement pas anticipé une telle chute des exportations vers l’Europe: -25,1%, la plus importante depuis octobre 2009. Fait rarissime, le Japon a même enregistré un déficit commercial avec l’Union européenne le mois dernier.

Les économistes espéraient surtout que la Chine, le premier partenaire commercial du pays, vienne compenser le repli des échanges avec le Vieux Continent. Or, la Chine n’a pas joué le rôle escompté. Les exportations vers la Chine ont en effet reculé de 11,9% sur un an en juillet, leur plus forte baisse en cinq mois, en raison de la diminution des ventes de semi-conducteurs, de produits électroniques et de composants automobiles.

Un signe d’autant plus inquiétant sur les conséquences du ralentissement chinois que le Japon n’est pas un cas isolé. Les exportations taïwanaises ont diminué en juillet pour le cinquième mois d’affilée et celles de la Corée du Sud ont subi leur plus forte baisse depuis près de trois ans. Enfin, dernier signe négatif: les exportations japonaises vers les Etats-Unis ont ralenti pour le troisième mois consécutif, leur hausse en rythme annuel revenant à 4,7%.

Outre le ralentissement de l’activité en Europe ou en Chine, l’Archipel souffre de la force de sa monnaie. A 79,3 pour un dollar, le yen reste proche de ses plus hauts historiques d’octobre 2011, pénalisant les plus grands exportateurs du pays, notamment les constructeurs automobiles Toyota ou Nissan. Au cours des deux dernières années, le gouvernement japonais a ainsi été amené à intervenir quatre fois sur le marché des changes afin de redonner de l’oxygène à l'économie japonaise. «Le Japon a besoin de nouveaux stimulus monétaires pour soutenir la reprise», lance Hiroaki Muto, économiste chez Sumitomo Mitsui Asset Management. La banque du Japon doit se réunir le 19 septembre prochain.

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