La Chine veut désengorger son marché boursier
La Chine poursuit la normalisation de sa réglementation financière. Elle vient d’assouplir certaines procédures relatives aux introductions en Bourse (IPO) pour favoriser l’investissement privé.
L’un des volets de la modification concerne plus particulièrement les IPO réalisées à l’étranger par les entreprises chinoises. Désormais, celles-ci n’auront pas à obtenir l’autorisation du régulateur des changes pour rapatrier les capitaux levés à travers des émissions d’actions réalisées en dehors de Chine continentale. Une définition qui exclut Hong-Kong, dont la réglementation boursière diffère.
Rapatrier plus facilement et réinvestir sur le continent les capitaux levés dans l’ancienne colonie britannique ou à l’étranger est l’un des objectifs de la mesure, alors que certains mastodontes chinois ont choisi d’aller se coter ailleurs – à l’image du site marchand Alibaba, dont l’IPO de 25 milliards de dollars a établi un record mondial absolu, mais aussi (comme le révélait Bloomberg hier) de CGN Power, le premier producteur d’énergie nucléaire du pays, qui souhaite lever 3,2 milliards de dollars à Hong-Kong.
Cette décision doit aussi désengorger les Places de marché chinoises: 603 sociétés sont en attente d’une cotation, indique la Commission réglementaire chinoise des valeurs mobilières, soit 5,2 fois plus que le nombre d’IPO réalisées sur l’une des Bourses de Chine «continentale» (Shanghai ou Shenzhen) depuis le début de l’année, indiquent les autorités de marché.
Concernant les opérations réalisées en Chine, le gouvernement va également mettre un terme au statut des «représentants» (ou baodai), qui supposaient la désignation d’intermédiaires par les banques qui supervisent les IPO sur le territoire chinois. Si Hong-Kong est officiellement en Chine, les autorités ont souvent cherché à favoriser Shanghai et Shenzhen à son détriment.
L’annonce a été communiquée hier par le Conseil d’Etat. Elle contribue à la politique gouvernementale de lutte contre la bureaucratie. La décision porte en totalité sur 58 points pour lesquels les autorisations préalables ont été supprimées, dont 12 concernent la finance. En mars dernier, le conseil d’Etat a précisé que le premier ministre Li Keqiang avait indiqué aux membres du Congrès national du peuple que plus de 200 procédures exigeant l’approbation du conseil d’Etat allaient être soit supprimées, soit déléguées à des niveaux de décision inférieurs cette année.
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