La Chine tente de rassurer sur les dérives de son niveau de dette
Tout en reconnaissant les problèmes causés par l’expansion de la dette locale, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a estimé dans le Quotidien du Peuple que la dette du pays est à un niveau «global sûr et sous contrôle». «Nous prenons le problème de gestion de la dette des gouvernements locaux au sérieux. Grâce au nettoyage et à la régulation, la tendance à l’expansion des véhicules d’investissement a réussi à être contenue» a-t-il précisé. Le dernier audit a estimé à 530 milliards de yuans le montant de prêts accordés par le canal de véhicules échappant à la réglementation et menaçant la dette des gouvernements locaux. Un chiffre qui serait plus proche des 2.000 à 3.000 milliards sur les 10.700 milliards de dette locale à fin 2010, selon les économistes. GaveKal estime que la dette publique du pays est passée de 46% du PIB en 2008 à 65% fin 2010.
Li Daokui, conseiller de la banque populaire de Chine cité par l’agence Xinhua, estime que le ralentissement de la croissance devrait être modéré à 8,5% cette année. Un atterrissage en douceur de l’économie qui n’incite pas les autorités à se lancer dans une vaste campagne d’assouplissement monétaire. Si la PBOC peut une nouvelle fois passer son tour sur son adjudication de titres à un an cette semaine, elle n’a toujours pas réédité la baisse du ratio des réserves obligatoires et n’indique aucun signe de baisse de ses taux.
D’autant que le FMI serait en train de réaliser un audit sur la valorisation de la devise chinoise. Wen Jiabao a indiqué qu’il comptait garder le yuan à un niveau «raisonnable d’équilibre» en accélérant la flexibilité des changes. Le FMI estimait que la devise s’est appréciée de 8% en 2011 contre un panier de devises avec une hausse de 20% sur les 3 derniers mois de l’année. Dans le Wall Street Journal, Eswar Prasad, ancien expert du FMI estime que «le yuan n’est plus trop sous-évalué». Le yuan prenait encore 0,26% à 6,3225 contre dollar cette nuit à Shanghai et 0,16% à 6,2968 à Hong Kong.
Le journal Caixin indique que le gouvernement pourrait instaurer une taxe de 10% sur les profits réalisés par les investisseurs étrangers autorisés (QFII) à investir dans le marché actions. Dans le même temps, Pékin compterait étendre de 20 à 50 milliards de yuans le montant des investissements en yuans autorisés à Hong Kong pour les investisseurs étrangers, selon le quotidien Sing Tao.
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