La Chine tente de conjurer le sort en baissant encore ses taux
Les nuages s’amoncellent sur la Chine. Pour la deuxième fois en trois mois, la Banque centrale a réduit ses taux directeurs dans l’espoir de relancer l’économie du pays, qui accumule les signes d’essoufflement. La Banque populaire de Chine (PBOC) a abaissé de 25 points de base (pb) son principal taux d’intérêt (à 5,35%), ainsi que le taux des dépôts à un an (à 2,5%). «L’objectif de cette baisse des taux d’intérêt est de maintenir les taux d’intérêt réels à des niveaux compatibles avec les tendances de fond de la croissance économique, des prix et de l’emploi», indique la PBOC dans un communiqué.
Tout en affirmant que sa décision ne constituait pas un changement de politique monétaire, la Banque centrale sous-entend que le ralentissement de l’inflation a pesé lourd dans sa décision. Et pour cause: le 10 février dernier, le Bureau nationale des statistiques (BNS) a révélé que les prix à la consommation n’avaient augmenté que de 0,8% au mois de janvier. Il n’avait pas été aussi faible depuis novembre 2009. Les économistes attendaient un taux autour de 1%.
Le risque de déflation confirme donc être le sujet d’inquiétude principal des dirigeants. Pour l’ensemble de l’année 2014, l’inflation était tombée à 2%, alors que le gouvernement avait fixé un plafond de 3,5% - un tel écart montrant que la situation était plus sérieuse que ce qu’avaient anticipé les dirigeants. La publication de ce chiffre avait d’ailleurs relancé les hypothèses de baisse des taux.
La publication hier de l’indicateur d’activité manufacturière est venu justifier la décision de la PBOC la veille. En effet, l’indice des directeurs d’achats PMI s’est contracté en février pour le deuxième mois consécutif. Il atteint 49,9, alors que 50 est la limite entre croissance (au-dessus) et recul (en-dessous) de l’activité. En janvier, il avait atteint 49,8 – une première contraction en 27 mois.
En novembre dernier, quelques jours après la première action de la PBOC, l’un de ses membres avait indiqué qu’elle attendrait notamment la publication des chiffres de croissance du produit intérieur brut (PIB) chinois du quatrième trimestre avant d’envisager d’autres mesures d’assouplissement. Or, la deuxième économie au monde a manqué l’objectif de 7,5% fixé par le gouvernement, en affichant 7,4%, soit le taux le plus faible depuis 24 ans.
Seule note positive du week-end, l’indice PMI dans les secteurs accentue sa progression, passant de 53,7 en janvier à 53,9 en février.
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